Se trahir pour se rester fidèle

Je n’ai pas vraiment participé à la campagne présidentielle, à la différence de 2007. Notamment par lassitude, par désillusion, parce que j’ai souvent eu l’impression que ce que j’écrivais ne servait que de support à l’autre camp pour étaler des opinions que je méprisais souvent, en me portant la contradiction. Continue reading

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Mondialisation culinaire

Y’a pas que le MacDo… au contraire.

J’ai développé au cours des années une variante totalement hallouf tamé du Tsibele met Ei ou gehaktè leiber mit tsibaléss, qui est super bonne, et comme j’ai eu le plaisir d’en faire hier, et de convertir quelqu’un qui n’avait jamais pu avaler les foies de poulet, je vous la transmets ici.

Le Tsibele met Ei, comme son nom l’indique uniquement à ceux qui savent, est une recette ashkenaze qui mélange des foies hachés, des oignons hachés et des oeufs durs hachés. C’est pas mauvais du tout, j’en avais mangé il y a …. « je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans »… puisque c’était il y a environ vingt-sept ans, non pas chez Goldenberg, mais chez Pitchi Poï. Il semble que le restaurant ait fermé ? A moins que ce site, qui donne des recettes, dont la vraie recette du Tsibele met Leibe, parle d’un autre restaurant ?

Bref… lorsque je fêtais chaque année le réveillon russe, j’ai cuisiné chaque année une variation dont voici le détail : Continue reading

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Protégé : Le premier récit du barde

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Le beau visage de la démocratie

Je n’aurais jamais cru dire cela un jour, mais j’ai eu un sentiment de dégoût en lisant Maitre Eolas.

Pas la prose du « Maître » bien sûr, ce remarquable billet sur la manipulation de l’appel 2012 (si vous y encore échappé, lisez simplement le billet, si vous avez eu la tentation de signer, ou si vous avez signé, lisez encore plus le billet).

Non, c’est comme d’habitude, clair, factuel, humain sans être larmoyant, et ça remet bien les choses en place.

Ce qui est ahurissant, ce sont les commentaires. Bien sûr le sujet a attiré les tenants de l’appel, les partisans de la peine de mort, du tous en prison n’importe quand, du yakafaukon, k’on les zigouille, qu’on renvoie les bougnoules, et Marine au pouvoir.

D’habitude, j’évite.

Là j’ai lu.

Et je me dis que le principe de la démocratie, c’est de laisser avoir un impact sur ma vie, et sur la vie des gens que j’aime à ces cons, ces décervelés, ces gens méchants, hargneux, frustrés, dont le discours pue la haine, la bêtise, la frustration, l’alcoolisme héréditaire et la consanguinité dégenérescente.

Ça fait peur.

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Prêche musulman contre les attentats terroristes

Image de prévisualisation YouTube

La vidéo est assez longue, mais elle vaut le coup d’être écoutée. C’est in cinglant démenti à ceux qui prétendent que jamais les musulmans ne se prononcent contre les attentats terroristes. Cette vidéo a été filmée montre un prêche fait juste après l’attentat qui a détruit le café Argana à Marrakech.

Un peu de contexte : Rachid Abou Houdeyfa est imam dans une mosquée à Brest, et il manifestement un prêcheur connu dans la communauté musulmane française. On trouve de nombreuses vidéos de lui sur le net, il a un site web, une chaine YouTube.

Comme on peut le voir sur la vidéo, c’est un « vrai barbu ». Sur d’autres vidéos on le voit en dehors du prêche du vendredi, il ne porte pas alors de chêche, ni de djellabah « à la saoudienne » comme ici, mais il a toujours son système pileux et au moins un kamis (chemise longue). Continue reading

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Protégé : Veines de chair, veine de bois

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L’histoire de Pierrot qui criait au loup.

Comme les petits enfants sont trop jeunes pour apprendre que « l’honneur c’est comme les allumettes, ça ne sert qu’une fois », on leur inculque cette vérité première par d’autres moyens.

Moi on m’a raconté l’histoire de Pierrot qui criait au feu, ou au loup, alors qu’il n’y avait pas de danger, pour s’amuser. Alors les villageois se sont lassés, et n’y sont pas revenus, quand Pierrot était vraiment en danger. Et Pierrot est mort.

Pourquoi est-ce que j’y repense à propos de l’affaire DSK ?

Il y a les preuves, et les absences de preuves. Il y a ce qu’on raconte, et les preuves qu’on peut trouver pour valider ce qu’on raconte.

Le problème dans cette affaire, c’est que, comme dans beaucoup de cas de la même nature, c’est finalement du parole contre parole.

Alors oui, quand on joue à parole contre parole, il est important, il est essentiel de ne pas mentir. Nafissatou Diallo n’a pas seulement, comme le disent beaucoup de féministes, menti il y a longtemps, menti sur son passé, elle a surtout énormément menti pendant l’enquête. Au sujet des faits mêmes dont elle accusait DSK. Et cela dans un contexte où il n’y a pas de preuve matérielle probante. Continue reading

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Veines de chair, veines de bois

Une série de photos que j’avais faites avec Kali, une excellente photographe, qui pour une fois avait accepté de passer de l’autre côté de l’objectif. (Si vous êtes dans la région bordelaise et que vous avez besoin d’une photographe, prenez contact avec elle, c’est la reine des portraits !)
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Protégé : Le récit de Karyl – suite

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Protégé : Le récit de Karyl

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Avis de désordre passager

Il y a fort longtemps, j’ai complètement planté mon blog. Il me restait une vieille sauvegarde, et je sentais bien, j’intuitais, quelque part, au plus profond de mon vécu, que la réintégration de ces articles dont le plus récent datait de fin 2007, donc grosso modo d’une version de WordPress totalement différente, la 2.3 dans une petite 3.2.1 toute frétillante n’allait pas être simple.

J’avais raison !

L’essentiel est fait, les articles sont là. Pour des raisons qui m’échappent, un bon tiers a perdu son titre, les liens sont cassés… on va remettre tout ça en place.

Deux heures après, l’essentiel du ménage est fait. Je retiendrai les injures qui concernent les mélanges d’encodage dans une base, et le temps passé à corriger tout ça. Il doit rester quelques petits liens cassés, par ci, par là, et puis si vous tombez sur des caractères bizarres, prévenez moi.

Je rajouterai peu à peu des pages de l’ancien site, qui étaient en dehors du blog, et vous trouverez tout cela dans le menu du haut. Il y a déjà « Habiba » qui peut vous occuper un certain temps !

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Protégé : Le récit d’Irmin

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J’ai un très grand malaise

…. j’avoue que cette histoire de DSK – la New Yorkaise – ne m’a jamais parue crédible « en l’état », le mec qui saute à travers toute la chambre sur la femme de ménage, non ça ne passe pas. Elle aurait raconté qu’il aurait essayé au moins cinq minutes de la séduire, et que ça avait mal tourné – comme l’histoire parisienne – j’aurais pu imaginer la scène, mais là, malgré tout, non, ça ne passe pas. Pas « comme ça », pas « sans raison ».

En sens inverse, les révélations sur Nafissatou Diallo m’ont mise très mal à l’aise dans l’autre sens, parce que tout ce qu’on lui reprochait pour la transformer en quasi prostituée déliquante, tout cela, dans une culture plus africaine, moins américaine, ça passe sans problème et ça se fait tous les jours.

Mentir pour obtenir sa carte de séjour ? Combien l’ont fait, combien le feront ? Et, à sa place, combien d’entre nous le feraient ?

En posant la question autrement, qui n’a pas embelli son CV ? Menti pour échapper à une prune ? Et donc qui ne serait pas capable de faire bien pire pour arriver dans le saint des saints ? Emigration organisée ? Scénarios appris à l’avance et répétés jusqu’à être crédibles ? Rien de nouveau, rien d’inconnu, ça se passe tous les jours, c’est le quotidien de ceux qui trient les dossiers de demandes d’asile d’arriver à faire le tri, et bien sûr, il y en a qui passent à travers les mailles du filet.

Que son histoire d’alors porte sur le même registre de viol qu’aujourd’hui est très gênant pour elle, mais ne prouve rien.

Comme les histoires de téléphone, de versements sur son compte. Eh oui ça se passe comme ça dans l’émigration pauvre, on paye pour un tel, on reçoit de l’argent pour un autre. Donc en soi, elle peut avoir trouvé normal des faits en réalité délictueux, s’être faite avoir par son mec ou un membre de sa famille.

Tous ces « détails » étaient très gênants. Mais qui d’entre nous n’a pas des petits secrets dans sa vie qui accumulés par des personnes malveillantes, mis au jour, brosseraient de nous un portrait beaucoup plus noir qu’en réalité ?

Et puis elle a accepté une interview à la télé.

Et là quelque chose m’a profondément choquée. Quelque chose qui est en profond décalage avec le personnage qu’on nous a décrit d’une femme tranquille, effacée, pieuse, portant un voile (enfin cachant ses cheveux).

C’est que pour son interview, elle ne portait pas de voile. Et, pour démontrer ce que DSK lui aurait fait, elle a touché sa poitrine en imitant le geste.

Et les deux choses, même séparément, ça ne passe pas.

Il faut savoir d’abord que quand on porte sincèrement le voile, on ne le retire pas « comme ça », pour se faire belle à la télé, c’est une pratique de tous les jours, et on va le garder encore plus à la télé. Au « pire », mettre un turban, mais le garder.

Peut être ses avocats ont-ils fait pression, islamophobie rampante, 11 septembre, séduire les femmes noires, se fondre dans le cliché des minorités. Peut être s’est elle laissée faire.

Mais ce geste de toucher ses seins à pleine main, en public, non ça j’en suis certaine, le type de femme que l’on nous a décrit ne le ferait pas. On ne passe pas ainsi « sous la pression de ses avocats » par dessus 30 années de conditionnement culturel et religieux.

Ce soir j’ai acquis la certitude que Nafissatou Diallo n’est plus depuis longtemps la femme qui a été élevée en Guinée, celle qu’elle serait toujours restée au milieu de la grande ville.

(Et puis en plus, quand on voit cette grande femme vigoureuse…. beaucoup plus grande que DSK, euh là non plus, maintenant que je vois je n’y crois pas)

Personne ne saura jamais ce qui s’est réellement passé dans cette chambre d’hôtel. Du pire des scénarios, celui du piège à l’autre pire d’un viol, personne ne saura jamais la réalité. Mais avec ce que j’ai vu ce soir, je suis maintenant intimement convaincue que Nafissatou Diallo ment au moins sur qui elle est.

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Peut-on faire un procès en 140 caractères ?

Il y a quelque chose de paradoxal à lire toutes les remontrances sur les prises de positions sur l’affaire Strauss-Kahn. Il faudrait réussir l’impossible conjugaison du respect de la présomption d’innocence, du respect de la présomption de véracité chez la victime, du respect de la famille des uns, des autres, de la vie privée, de l’honneur de tous, ne pas juger avant les juges, mais avoir une opinion, inattaquable, et tant qu’à faire juste.

Or une enquête, un procès se justifient par le fait même qu’il y a toujours, et dans les deux sens, doute. Sinon à quoi bon ? On enregistrerait toutes les plaintes, en disant « merci beaucoup, vous dites qu’il vous a fait ça, hop il écope de 15 ans » (six mois, à vie, castration chimique, amende, remplacez par ce que vous voulez).
Douter, vérifier, avérer, prouver, questionner… tous ces mots sont l’essence d’un processus qui permet de respecter en même temps les droits du plaignant, de l’accusé, de la société, et d’arriver à une décision aussi juste que possible.

On peut questionner la réalité d’un témoignage sans insulter la personne qui l’exprime, sans la mépriser. Et plus particulièrement quand elle est personnellement impliquée, et de façon aussi émotivement violente que dans le cas présent.
Pourquoi pas ? Des expériences répétées montrent la fragilité du témoignage direct. La perception sélective, la déformation rapide, les contre vérités même qui peuvent être rapportées par des témoins d’un événement même quelques minutes après qu’il soit survenu rendent nécessaires les preuves matérielles.

De plus, ici, on est dans un système américain, assez différent du notre, et où la communication est encore plus importante. Les différentes versions de la plainte ont tellement évolué sur les deux ou trois premiers jours, l’identité de la plaignante, l’heure de l’attentat, le déroulement de l’affaire, tout ceci a changé régulièrement. On peut douter de certains points, surtout quand ils ont ensuite été infirmés.
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Le voile et le viol

On a parfois des illuminations, comme ça, au saut du lit. La mienne a été de comprendre que toute la « problématique » du voile tournait autour du viol, et je suis désolée de cet apparentement lacanien à la noix entre les deux mots.

Le voile, la maman et la putain

A la base, en Islam, le voile est une protection, une différenciation visuelle entre les femmes « de bonnes mœurs », les musulmanes, en l’occurrence, les femmes libres, et d’autre part, les esclaves, les femmes de « mauvaise vie », celles qui se promènent les seins à l’air, en très gros, et qu’on a le droit d’utiliser. Une musulmane doit se couvrir pour ne pas être confondue avec celles dont on peut user. Dans les temps troublés des commencements de l’Islam, c’est une protection, et une valorisation.

Mais c’est en même temps quelque chose de très pervers : cela désigne a contrario toute femme non voilée comme utilisable et abusable à volonté. C’est le sens de la formule utilisée par je ne sais plus quel cheikh saoudien, qui disait grosso modo que quand la viande était étalée, le chat se servait. Tous les musulmans ne raisonnent pas comme cela, loin de là, mais c’est une réalité : la femme musulmane qui choisit de ne pas se voiler est souvent déconsidérée (et je vous traduirai bientôt un article d’Organica là dessus).

La visibilité du voile induit automatiquement un classement, une analyse « celle là suit sa religion, celle là pas, celle là est vertueuse, celle là pas », qui est beaucoup moins forte pour les hommes, le port de la djellabah et de la barbe ne relevant pas d’un commandement de Dieu, mais simplement de la sunna, de l’imitation dans ses moindres gestes de ce que faisait le prophète. Elle est aussi un processus de renforcement, une façon de se prouver sa propre vertu, soit en le portant, soit en étant marié avec une femme qui le porte, alors que – tous les musulmans sont d’accord – il y a des choses nettement plus essentielles à observer.

Le voile c’est sexuel

Pour résumer, le voile doit être porté par une femme devant tout homme avec lequel un mariage – et donc une relation sexuelle – serait possible. Les hommes qui ne peuvent pas l’épouser, du fait des lois de l’Islam sont autorisés à la voir « en cheveux ». Là dessus se rajoutent les particularités locales. Je ne parlerai que de celles que je connais un peu …. au sud du Maroc, les femmes restent avec un foulard sur la tête en toute circonstance, ne l’enlevant que le soir, dans l’intimité de la chambre. Parce que notamment, il peut toujours y avoir un homme qui entre, les femmes ne sont pas enfermées dans un gynécée. D’autres, plus généralement en ville, porte le voile à l’extérieur, l’enlèvent à l’intérieur entre femmes, tout en ayant toujours sous la main une étoffe qu’elles peuvent poser sur leur tête au cas où. Mais dans ma belle famille, il y a beaucoup de femmes dont je n’ai jamais vu les cheveux. Cheveux qui justement dans la culture locale ont un poids érotique très fort.
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