aller à la navigation

Très sincèrement lundi 31 décembre 2007 à 17:14

Publié par Marie-Aude in : Le reste... , 5commentaires

… même si c’est “un peu” un marronnier sur les blogs en ce moment - ça doit être pour accompagner la dinde - je vous souhaite une excellente année 2008.

Je ne suis pas sûre d’avoir aimé 2007, trop de morts, de violences, d’intolérance, et peu de signes d’amélioration. Ou peut-être est-ce que je vieillis et que je fais plus attention à des choses que j’ignorais totalement avant ?

En 2008, les présidents élus ou auto-proclamés seront toujours là, et les fanatiques de tout poil aussi, la planète sera de plus en plus sale, et nous compterons moins d’ours polaires, moins de baleines, moins d’orang-outans, et sans doute plus de pauvre. On manquera toujours dramatiquement de petites et de grandes filles en Indes et en Chine, il y a aura trop - et de plus en plus - de sans-papiers refoulés, de gens qui risquent leur vie à tenter de traverser la méditerranée sur des petites barques pour vivre malgré tout un peu mieux. On continuera à faire croire qu’il faut travailler de plus en plus pour faire gagner plus aux grands patrons, et le travail ne sera sans doute pas plus abondant, les loyers et le pain seront toujours aussi chers, même si l’I-phone baisse de prix.
La télé continuera à nous nourrir le cerveau avec des Star Académie, des roues de la fortune et des soi-disant entretiens journalistiques où on s’abstient de dire les choses qui fâchent.

Mais le soleil continuera à se lever tout les jours, avec ces petites lueurs dorées dans la poussière, et le premier chant de l’oiseau quand une petite lueur apparaît sur l’horizon, le désert sera toujours là, et la fraîcheur de l’oasis, il y aura toujours des amis pour partager nos petits bonheurs et nos grandes indignations, le goût d’une grenade bien mûre, ou d’un croissant au beurre à la terrasse d’un café un dimanche pas trop matin.
Il y aura toujours les caresses des chats, les jeux avec les chiens, la beauté d’une fleur, bref… il y aura toujours une vie dont on peut profiter avec bonheur… et c’est ce que je vous souhaite pour 2008 !

Habiba - 25 lundi 31 décembre 2007 à 09:15

Publié par Marie-Aude in : Habiba, Maroc , 4commentaires

Aziz a décidé de renvoyer Zoubida au Maroc. Tout de suite, pour qu’elle ne fasse pas comme sa soeur, pour qu’elle ne se sauve pas. Une fois là-bas, au bled, elle serait en sécurité, il n’y aurait pas d’aroumin pour lui tourner la tête, et elle pourrait prendre le temps de se trouver un bon mari.

Mais c’était déjà trop tard. Ma Zoubida aussi avait la tête tournée. Et pire encore, mais ça je ne le savais pas encore. Elle a rusé, comme une marrakchia.

Quand son père lui a dit de faire ses bagages parce que le lendemain ils retournaient au pays, elle lui a répondu que ce n’était pas la peine, elle, elle voulait se marier ici, et avec le fils du boucher. Il la regardait depuis longtemps, elle le savait, il lui plaisait bien, alors plutôt que de payer un aller-retour pour la faire revenir se marier ici, et peut-être lui faire perdre les papiers entretemps, il ferait mieux d’aller s’entendre avec son ami, et voir quand ils pourraient être unis. (more…)

Voilà, voilà, j’arrive vendredi 28 décembre 2007 à 09:51

Publié par Marie-Aude in : Quotidien , 3commentaires

… le voyage de retour a été plus long que prévu, je suis rentrée en plein milieu de la nuit.
Habiba va donc prendre une journée de plus avant de revenir, mais non, l’histoire n’est pas finie.
Et les posts protégés ne contiennent pas la suite d’Habiba, mais des textes très privés, des trucs pour la famille.

J’espère que vous avez passé de bonnes fêtes…

Tag:

Protégé : 20 ans après mercredi 26 décembre 2007 à 21:01

Publié par Marie-Aude in : Le reste... , Entrez votre mot de passe pour accéder aux commentaires

Cet article est protégé par mot de passe. Pour le lire, veuillez entrer votre mot de passe ci-dessous :


Tag:

Joyeuses Fêtes jeudi 20 décembre 2007 à 09:00

Publié par Marie-Aude in : Quotidien , 3commentaires

Aujourd’hui c’est l’Aîd el Kebir, et dans 5 jours c’est Noël.

Alors je souhaite de joyeuses fêtes - quelles qu’elles soient - à tous les lecteurs.

Et je reviens dans quelques jours.

Tag:

Habiba - 24 mercredi 19 décembre 2007 à 09:47

Publié par Marie-Aude in : Habiba, Maroc , 6commentaires

Non je ne te comprends pas, tu détruis tant de choses pour l’espoir d’un bonheur, crois-tu que cela en vaille la peine, dans cinq ans ton bel amour ne sera plus qu’un mari, un homme auquel sourire quand il rentre tard, un homme que tu devras garder toute ta vie, même quand il te trompe, même quand il t’oublie.

Tout en lui massant les épaules avec la crème, je gardais tout cela pour moi. Partagée entre la colère, la pitié

Elle m’a parlé.
Elle voulait que je la comprenne.
Que j’accepte son choix, que je la soutienne. (more…)

Tags: ,

Habiba - 23 mardi 18 décembre 2007 à 09:00

Publié par Marie-Aude in : Habiba, Maroc , 1 commentaire seulement

Comme moi. J’étais un peu étrangère ici, pas beaucoup, mais plus tout à fait chez moi. Notre chambre sentait bien un peu la poussière, malgré le grand ménage fait avant notre arrivée, et le lit me paraissait bien dur. C’était sans doute ce que Brahim et Leila appréciait le plus, de pouvoir dormir avec leurs cousins, à point d’heure, se couchant où le sommeil les prenait, l’instant d’avant en train de jouer, et brusquement plongés dans le sommeil. Les semaines où Aziz rejoignait son autre femme, je retournais dans le salon des femmes, et Leila se blottissait contre moi, redevenant une toute petite fille.

Quand nous sommes rentrés, j’ai eu l’impression d’avoir laissé sur place une autre Habiba, celle qui courait librement dans le douar, qui s’émerveillait des petits immeubles de Zagora, et qui avait une place où elle était chez elle, tout le monde la connaissait, toute sa vie s’était déroulée là, et rien n’était différent entre elle et les autres. Celle petite Habiba, je l’ai enfermée quelque part dans mon cœur, et puis je suis rentrée en France, où j’étais aussi, autant, aussi peu chez moi. (more…)

Tags: ,

Cadeau Bonux lundi 17 décembre 2007 à 11:55

Publié par Marie-Aude in : Mékisonkon , 6commentaires

Tout s’explique !

C’est Karambolage qui nous explique cela : le petit garçon sur les paquets de Bonux, à l’époque où cette lessive lançait son fameux cadeau (genre le gadget bon marché et inutile pour faire prendre un paquet)… c’est le fils du dessinateur publicitaire, qui n’est autre que Monsieur Sarkozy père.

sarkozy-bonux

Toute ressemblance avec un fameux paquet fiscal serait purement fortuite et imaginaire, bien sûr !

Tag:

Habiba - 22 lundi 17 décembre 2007 à 09:00

Publié par Marie-Aude in : Habiba, Maroc , 1 commentaire seulement

C’est l’année des dix-huit ans de Hassan que tout a explosé. Il avait passé son bac brillamment, et il allait entrer à l’université à la rentrée. Nous étions tellement fiers de lui ! Aziz avait même décidé de réduire la fréquence de ses voyages au pays pour économiser pour les études de son fils.

Les choses devenaient difficiles, pour nous marocains. Il y avait eu cet attentat horrible, les deux tours écroulées, et la montée de a méfiance à notre encontre. Dans notre petite banlieue, entre le marché et la mosquée, je n’étais pas ennuyée, mais Youssef, Hassan et Mohammed en avaient assez d’être tout le temps contrôlés, « traités » comme disait mon fils, qui ne concevait pas qu’on puisse être « bien traité » par les autorités. Le raccourci lui était naturel, traduisant ses énervements quotidiens. Il y avait eu toutes ces lois, des émeutes de temps en temps, et pour nos amis clandestins, les difficultés de plus en plus grandes et les expulsions de plus en plus nombreuses, et Youssef disait souvent « je ne sais pas si je pourrais passer, aujourd’hui ». Nos papiers nous protégeaient, à leur majorité nos enfants demandaient à être français, mais rien ne nous évitait les regards en coin, les remarques aigres et les mesquineries. (more…)

Tags: ,

Habiba - 21 dimanche 16 décembre 2007 à 09:00

Publié par Marie-Aude in : Habiba, Maroc , 3commentaires

Cette année là, Aziz ne fit pas le sacrifice avec nous. Quand il m’annonça qu’il allait partir là-bas, pour tuer le mouton avec elle, je me sentis dépossédée de tout. S’il y a chez nous une fête de la famille, c’est bien celle là, où le père tue un mouton pour ses enfants, en souvenir du premier sacrifice d’Abraham. Un homme sans femme ne tue pas le mouton, un homme sans enfant non plus, il mange le mouton de son père. Et moi, qui allait tuer le mouton ? Qui allait égorger la bête en prononçant les paroles rituelles, apporter la chance sur nous pour l’année à venir ? Il avait quatre enfants ici, et il partait là-bas égorger une bête, pour une fille dont le ventre était toujours vide !

Cette nuit là, les portes ont claqué dans notre petite maison. Youssef a crié, pour la première fois sans doute. Et au téléphone, Aziz s’est énervé avec son père, à qui il demandait de venir ici, tuer pour lui notre bête.
Mes filles se sont réveillées, elles sont venues dans mon lit, et je les ai bercées, heureuse pour une fois qu’elles ne comprennent pas assez le berbère pour comprendre ce qui se passait, et perdre leur respect pour leur père. (more…)

Tags: ,

Habiba - 20 samedi 15 décembre 2007 à 09:00

Publié par Marie-Aude in : Habiba, Maroc , ajouter un commetaire

Il me parla, avec respect, et m’annonça qu’il voulait se marier avec la marrakchia, une femme de bien , qu’il avait le cœur assez grand pour deux femmes, tout le respect pour la mère de ses enfants, et qu’il avait eu tort de ne pas me parler plus tôt. Je ne pouvais pas attendre plus, je le savais.
Il nous traiterait en équité, respectueux de sa religion, il voulait notre bonheur à toutes les deux, et celui de ses enfants et de ceux qu’il aurait d’elle, et surtout, surtout le sien.

Il avait besoin de mon accord, car si je ne lui donnais pas, il savait que ses parents et mon frère continueraient à lui battre froid.

Mais je ne pouvais pas refuser. (more…)

Tags: ,

Habiba - 19 vendredi 14 décembre 2007 à 09:00

Publié par Marie-Aude in : Habiba, Maroc , 3commentaires

Ma mère et Mâalou, avec Amina, sont restées pour toute la fête du mariage, jusqu’au septième jour, mais je suis rentrée tout de suite. J’ai passé quelques jours chez Lalla Zahra. Finalement, j’étais toujours chez les autres, chez mon père, chez mes beaux-parents, et dans la maison d’un homme qui ne me respectait pas.
Elle a passé son temps à me donner des conseils, pour récupérer Aziz et le garder. Elle était dure, réaliste, froide, calculatrice. A l’entendre, je me demandais où étais l’amour entre elle et Ami Hassan, et pourquoi elle avait tant cherché, par tous les moyens, à le garder.

Non, cela je le savais. Une femme sans homme n’est rien, et un mauvais homme chez nous doit être bien effroyable pour être pire que pas de mari du tout. (more…)

Tags: ,

Habiba - 18 jeudi 13 décembre 2007 à 09:00

Publié par Marie-Aude in : Habiba, Maroc , 4commentaires

On décida de deux choses. D’abord ne pas brusquer Aziz, qui était en France. On lui parlerait, mais face à face, et Ami Hassan décida qu’il rentrerait avec nous. Mais en attendant, je devais faire comme si de rien n’était et rester aimable, quand Aziz nous appelait le samedi soir. Parce que maintenant il fallait compter avec l’autre, et à chaque fois, se dire que si nous fâchions Aziz, il irait se plaindre à elle, et elle le consolerait, elle lui dirait qu’il avait raison, et se l’attacherait encore plus.

Elle était déjà dans le lit de mon mari, et elle était maintenant arrivée dans ma vie, avant d’entrer dans ma maison. Mais c’est notre sort, à nous les femmes, d’accepter la volonté de notre mari. Et tout ce que je pouvais faire risquait d’éloigner Aziz encore plus, il me répudierait et il garderait les enfants.

Mon père décida de lutter contre la marrakchia avec ses propres armes, et d’aller chez un marabout qui pourrait peut-être libérer Aziz de son emprise. Il emmena chez le saint homme deux beaux boucs, et nous avons tous espéré que cela serait efficace. (more…)

Tags: ,

Habiba - 17 mercredi 12 décembre 2007 à 09:00

Publié par Marie-Aude in : Habiba, Maroc , 2commentaires

En préparant le pain du soir, pendant qu’elle pétrissait le pâton, Mina me raconta ce qu’ils avaient appris. Que la famille à laquelle Aziz avait acheté la maison à Marrakech était la famille du Hajj, une de ses sœurs et ses enfants. Qu’il n’y allait pas pour faire des affaires, mais simplement pour rendre visite à ces femmes. Et qu’on disait dans le quartier qu’il allait épouser une des filles aussitôt qu’il pourrait la faire venir en France.

J’étais en colère, j’étais humiliée, j’étais triste, j’avais peur. J’ai commencé par pleurer, tellement pleurer, toute la soirée. Je me suis cachée dans la chambre, et Mâalou et ma mère sont venues essayer de me consoler, mais que pouvait-elles faire ?

Vous ne pouvez pas comprendre cela, vous, dont les femmes chassent les hommes infidèles, et reçoivent de l’argent, et gardent leurs enfants. Je risquai de tout perdre, en plus de l’estime et de l’affection que j’avais pour Aziz, qui s’étaient écroulées en un instant. (more…)

Tags: ,

Le dingo du Moyen Orient mardi 11 décembre 2007 à 11:21

Publié par Marie-Aude in : Mékisonkon , ajouter un commetaire

C’est le surnom donné à Khadafi par Reagan, qui s’y connaissait pourtant bien peu .

En réalité, la lecture de la biographie de “Gaddafi” sur Wikipedia en anglais m’a appris pas mal de choses, et remet aussi dans un contexte moins franco-français la libération des infirmières. Elle s’inscrit dans un processus beaucoup plus long de normalisation, où Khadafi a fait feu de tout bois pour avoir des moyens de pression et se refaire une virginité.

En l’occurrence, il semble bien que Sarkozy se soit comporté comme un véritable coucou, s’emparant des marrons tirés du feu par d’autres. Il est difficile de faire les comptes, de façon complète, mais les 2,7 milliards de dollars presque payés aux victimes de Lockerbie semblent compensés par les indemnités versées aux familles des enfants morts du sida et tout ce qui allait avec.

15 partout la balle au centre. (more…)

Tag: