Le grand départ samedi 29 mars 2008 à 20:38
Publié par Marie-Aude in : sablier , 8commentairesÇa y est enfin. Cela fait des semaines que je pense à ce moment. Comme le dit le dicton coréen, « le meilleur moment quand on fait l’amour, c’est quand on monte les escaliers ». Un bordel monstre règne dans et sur mon bureau. Rien à battre. Dans une demi-heure j’éteins l’ordinateur, je transfère la ligne chez Isabelle qui va gérer mes emmerdeurs préférés pendant mon absence, et je me casse. Pour cinq semaines.
C’est long, cinq semaines, je sais. Mais quand mon patron a dégluti de travers, je lui ai rappelé que les RTT n’étaient pas faites pour les chiens, et que de toutes façons il n’avait pas le choix, parce qu’il m’avait déjà refusé mes congés trois fois dans l’année, et qu’il me restait exactement cinq semaines avant le 31 mai, date fatidique à laquelle je perdrais tout. Donc, à vous revoir le premier juin.
Cinq semaines, ça ne m’est jamais arrivé de prendre autant de congés d’un coup. Et là, je m’offre le grand voyage dont je rêve depuis tellement longtemps.
Quand je dis que j’y pense depuis des semaines… c’est vrai d’une certaine façon, depuis que j’ai réservé mes billets, mais en réalité j’y pense depuis des années, depuis des dizaines d’années, depuis que je feuilletais, gamine, les prospectus que mes parents gardaient d’un projet avorté d’expatriation en Afrique du Sud. Les paysages désertiques, les vignobles aux antipodes, le cap de Bonne-Espérance, les grands fauves. Et j’allais enfin voir tout cela !
Enfin, enfin j’allais partir, m’arracher au boulot, aller loin, découvrir le désert. J’y pense depuis des semaines, des mois…. J’ai presque peur d’être déçue maintenant !
Ceci est ma sixième participation au sablier de printemps de Kozlika. Et elle est très autobiographique (mais mon bureau n’était pas en bordel). Je n’ai pas été déçue par ces cinq semaines. Et cela a été le début d’un changement de vie…
L’accident musical vendredi 28 mars 2008 à 21:20
Publié par Marie-Aude in : sablier , 10commentairesCertains soirs, pour faire mon intéressant, il m’est arrivé de monter sur une chaise, de me draper dans un torchon à carreaux et de déclamer une poignée de vers avec des accès de lyrisme proportionnels à mon taux d’alcoolémie. Il s’agissait de l’extrait suivant : « C’est pas marqué dans les livres / Le plus important à vivre / C’est de vivre au jour le jour / Le temps c’est de l’amour ». Mon succès était … divers, disons, au mieux.
Divers vers le bas, d’ailleurs.
Je chante faux comme une casserole, pour être honnête, et il fallait déjà quelques vodka pour que j’ai le courage d’ouvrir.
Mais après on ne m’arrête plus.
Enfin, ça m’a passé. Le soir où la chaise n’était pas assez solide pour supporter la gestuelle qui accompagnait mon lyrisme.
La paille a crevé, je suis passé à travers.
Ca n’aurait pas été très grave.
Mais j’avais mis la chaise sur la table. Elle est tombée, et moi avec. Le dossier de la chaise est venu à la rencontre de mon entrejambe.
J’ai poussé un contre-ut violent, une sorte de hululement, parait-il.
Je me suis réveillé à l’hôpital.
Et le pire, voyez-vous, dans tout ça, c’est que je chante encore plus faux qu’avant, et que je ne peux même pas tirer profit de ma voix de castrat.
Voici ma participation au cinquième sablier de printemps sur une amorce de Monsieur Le Chieur qui partage mon admiration pour le style obispien.
Un peu de photo vendredi 28 mars 2008 à 02:25
Publié par Marie-Aude in : Photo , ajouter un commetaireRevenue du Maroc, je commence à traiter les photos que j’ai prises là bas. Il y a de nouvelles vignettes dans la colonne de gauche, et j’en publierai aussi sur Lumière de Lune … dont on peut comprendre le nom quand on voit ma dernière photo de gnaouas, en bas, à gauche. Les musiciens sous la lune.
Son blog jeudi 27 mars 2008 à 23:58
Publié par Marie-Aude in : sablier , 3commentairesVous savez pas la dernière ? Il parait que j’ai un blog. Oui, oui, un de ces machins sur Internet où je raconte ma vie. C’est mon cousin qui m’en a parlé, à midi, pas trop content que j’ai révélé autant petits secrets de famille, et que je me sois moquée de son père, sans penser à cacher son nom.
J’en ai laissé tombé mon sucre dans le café - j’étais en train de faire canard, justement une habitude que mon oncle m’avait donnée. Hop, café trop sucré, et pas de canard, il a fallu faire changer la tasse, et pendant tout ce temps là je regardais mon cousin avec des yeux plus ronds que la soucoupe de la tasse de café. Et j’étais parfaitement capable de faire la comparaison, parce que la serveuse, mal stylée, avait juste repris la tasse, en laissant la petite cuillère, la soucoupe, avec une trace sombre en demi-cercle. (more…)
Obama, Clinton, le poids des mots… mercredi 26 mars 2008 à 23:37
Publié par Marie-Aude in : Politique , 3commentairesJe ne sais pas qui les délégués et les super-délégués choisiront, dans le camp démocrate, mais si ils ont un zeste de sens de la vraie politique, il faudrait que ce soit Obama.
Obama est accusé d’avoir un voisinage gênant, le pasteur de son église dont les sermons anti “VWP” (Very White Priviledged”) dépassent un peu les bornes.
Dans un discours dont on commence seulement enfin à saisir le fonds en France, Obama affronte le risque, prend le taureau par les cornes, a le courage d’expliquer aux américains que les choses ne sont pas simples, et qu’il faudra affronter la question raciale, pour espérer un jour la dépasser. Et surtout, dédaignant un reniement facile, au risque de perdre la présidence, Obama reste fidèle à ses idées et à ses attachements, en disant
Je ne suis pas d’accord avec ses discours, mais je le connais, il a été proche de moi, et si je peux le désavouer, je ne peux pas le renier, comme je ne peux pas renier ma grand-mère blanche qui critiquait les négros.
Commentaire, en Suisse, sur la visite présidentielle en Angleterre… mercredi 26 mars 2008 à 23:00
Publié par Marie-Aude in : Humour , ajouter un commetaireStéphane Bern, à la télé suisse, commente, et explique que Carla Sarkozy est habillée de façon réservée, “un peu chaisière”.
C’est Galliano qui va apprécier !
La septième vague mercredi 26 mars 2008 à 20:23
Publié par Marie-Aude in : sablier , 9commentairesIl est trois heures du matin, je n’arrive pas à dormir. J’entends le bruit de la mer, des vagues qui s’écrasent contre la falaise en soupirant, en rongeant de leur larmes les pierres insensibles. J’ai toujours aimé le bruit de la mer, cette compagne de solitude. Le bruit sourd, régulier, avec les petite arythmies d’un être vivant.
Quand j’étais enfant, je pouvais passer des heures à guetter la septième vague, celle qui était plus grosse que les autres. Mais le problème, pour trouver la septième vague, c’est de connaître la première. Car quand une septième vague est plus petite que la précédente, c’est bien que ce n’était pas la septième ? Laquelle alors ? C’est tout l’arbitraire des commencements. Il y a eu un jour une première vague, et une septième vague, plus forte que les autres. (more…)
Une simple brosse à dents mardi 25 mars 2008 à 23:46
Publié par Marie-Aude in : sablier , 9commentairesIl faut que je vous raconte… C’est une drôle d’histoire en fait, une histoire de brosses à dents ! Dingue !! En fait tout a commencé alors que j’étais chez B. toute la semaine dernière. Nous avions bien senti que quelque chose se tramait dans la salle de bain, et puis il fallait se rendre à l’évidence, il y avait des signes avant-coureurs qui ne trompent pas…un petit air allègre, un peu moins de disponibilité pour les vieux copains, et surtout ce répondeur, le vendredi soir, le samedi soir, toutes les semaines.
Il faut vous dire que même si B. a de quoi faire chavirer le cœur des filles, c’est un célibataire endurci. Un beau ténébreux à la voix un peu grave et au sourire soleil, mais plus réservé qu’un chat, plus glissant qu’un calamar, un in-rattrapable irréductible. Pas un Don Juan non plus, il n’abusait pas trop, mais on sentait bien qu’il ne voulait pas partager sa vie. Il avait ses tics et ses manies, et son appartement avait comme un sortilège qui empêchait toute conquête de déposer un quelconque objet personnel. L’œil de lynx de B. repérait tout de suite le rouge à lèvre, le sèche cheveux ou la petite culotte soi-disant oublié, et le remettait dans le sac de la dame, avec un baiser prolongé sur le pas de la porte pour lui faire oublier sa déception.
(more…)
Dis moi dix mots lundi 24 mars 2008 à 20:42
Publié par Marie-Aude in : Littératures , 2commentairesEt voilà…. On s’embarque avec plaisir dans un jeu littéraire de la talentueuse Kozlika, dans l’attente de petits sabliers qui s’égrènent, mais cette fois-ci, doté d’une générosité badine, elle nous propose, en plus des sabliers de printemps, égrenage de billets sur une ouverture donnée, un dix en un, et il me faut commencer à vous concocter une historiette qui reliera, mine de rien, dix mots incongrus et tirés au hasard. Et c’est comme dans la cuisine marocaine et le mélange d’épices, pour que cela soit réussi, il ne faut s’apercevoir de rien, c’est pire que la quadrature du cercle, le nombre d’or ou la mémorisation des mille premières décimales du nombre pi.
Cela tombe bien, en ce lundi de mars et de printemps, il fait froid, il neige, et comme d’habitude, le radiateur de ma chambre à coucher ne fonctionne pas, je suis donc confinée dans le bureau, seule pièce de la maison à disposer d’un radiateur efficace. De retour du Maroc depuis hier, je n’ai pas envie de travailler, j’ai essayé de lire un peu, mais refermé avec ennui et “La Chartreuse de Parme”, et le dernier “Petit Spirou” rapporté de Paris, et la tonne de magazine photo dont je me gave avec plaisir.
C’est une journée de bulle avec ce doux ennui des dimanches, même pour un lundi de Pâques, je ne suis pas visible, gros pull, caleçon et chaussettes épaisses en tire-bouchon pour résister au froid dès que je m’aventure dans le reste de l’appartement, et je me plonge dans mon lecteur de blogs pendant une bonne heure. Pas beaucoup de perles, tout le monde est aussi paresseux que moi ; j’abandonne, et part me bagarrer avec la compagnie aérienne qui refuse, malgré des conditions générales de vente extrêmement claires, de me rembourser mon billet annulé. Et puis en revenant chez Kozlika, une surprise, celle de ce Xave inconnu qui doit être cité, un beau blog, une poésie dans le chagrin d’amour, mais plein d’humour, alors je lui souhaite de se trouver bientôt, un jour, qui sait pourquoi pas le 6 avril prochain, entre midi et treize heures, une Roxane, une Isolde, une héroïne de roman romantique qui lui fera battre le cœur. Et de revenir me le dire….
Le Djinn a tué Mina dimanche 09 mars 2008 à 10:07
Publié par Marie-Aude in : Coup de gueule, Maroc , 10commentairesMina avait 32 ans, et elle est morte mardi, en laissant trois garçons, et une petite fille de six ans.
Elle est morte soudainement, deux jours avant elle a commencé à avoir de la fièvre, et à se sentir fatiguée, et elle est allée voir le médecin, qui lui a donné du doliprane et un antibiotique généraliste pour soigner sa grippe.
Mardi matin, elle a eu un vertige, elle est tombée en sortant de la douche, et le temps d’arriver à l’hôpital, elle était décédée. C’est évident qu’elle avait autre chose qu’une grippe.
Mina n’a pas dit au médecin que quelques semaines avant elle avait déjà eu des vertiges, et que les médicaments qu’on lui avait donné à ce moment là l’avaient guérie. Puisqu’elle était guérie, cela n’avait rien à voir avec sa grippe. (more…)
Taguée, encore samedi 08 mars 2008 à 15:07
Publié par Marie-Aude in : Le reste... , 10commentairesPar Cécile, qui m’a posé une vraie colle.
Il faut que je trouve 10 associations de goûts, sans réfléchir.
Le foie de veau et les biscottes, foie de veau parce que c’était le régal hebdomadaire quand j’étais gamine, et biscottes, parce que je n’avais pas droit au pain et ça gâchait tout.
Le cuir et le plaisir d’écrire avec un grand café, cette odeur particulière des papeteries de luxe, le bonheur de déballer son achat tout récent à une terrasse de bistro,de préférence face à la Seine, aux jardins des Tuileries ou au Palais Royal, et bleuir des pages.
L’odeur moite et un peu moisie des bouches de vapeurs New Yorkaises. Avec à chaque fois, en mémoire, une citation de Vicky Baum dans “Grand Hôtel”, où le baron Felix Von Gaigern explique le bonheur de plonger la tête dans des effluves de goudron chaud, juste pour se sentir vivre.
Le Gummibär, la piñacolada et la Salop, parce que ce sont des goûts que j’ai découverts en Allemagne, et surtout le Gummibär à la piñacolada.
Le roquefort et l’aïl, parce que j’adore le roquefort, et que mon ex détestait ça autant que l’ail. Bilal aime l’ail, mais pas le roquefort.
Nobody’s perfect !
Le pain, la moutarde et le vinaigre, parce que j’adorais me faire frissonner avec l’acidité du vinaigre en le buvant à la bouteille, et que dans un restau je ne résiste que rarement au plaisir d’une tartine à la moutarde de Dijon.
Les choux de Bruxelles et les oeufs en gelée, parce que si j’aime les oeufs en gelée, l’odeur de la gelée fondante dans la casserole me rend nauséeuse, presque comme celle des choux de Bruxelles, et que c’est un des rares plats que je fais difficilement.
L’orange et la carotte, pour les salades de carotte au jus d’orange et les jus orange-carotte que me fait Bilal.
Endive jambon, parce que je l’ai lu chez elle, et que moi j’adore, et cela fait quatre mois que je n’ai pas mangé un bon jambon blanc.
Qui tagger ? J’aimerais bien savoir ce qu’en pensent Kozlika et sa jumelle Samandti, une Marocaine, Yves, Chris qui a déjà un tag volontaire de retard et Kazhar, pour l’arracher un instant à ses nuits blanches de geek !


