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Au nouvel an chinois mercredi 23 juillet 2008 à 08:29

Publié par Marie-Aude in : Mémoires , ajouter un commetaire

Il y a les dragons de papier, qui nous font peur, avec leurs langues de feu qui se froissent dans le vent.
Si on savait… si on se doutait, on serait libre.

Et puis il y a les chevaliers et les fées de papier. Tout aussi irréels, tout aussi fragiles. Mais là, on se doute. On fait très attention, on les admire de loin, surtout de loin, pour ne pas risquer de les déchirer, d’un mouvement trop brusque.
On les garde avec tendresse, ils sont tellement forts, nos chevaliers, et nos fées si belles.

Au fil des ans, on refuse de voir que le papier jaunit, devient craquant.
On ne voit pas les pliures, ni les petites taches d’eau qui s’étalent, et abîment les couleurs.
On fait bien attention à toujours les regarder de face, car on sait bien, en fait, sans vouloir se l’avouer, qu’ils sont inconsistants et sans épaisseurs.
Mais ce sont nos seuls héros, ceux de notre enfance, ceux qui nous ont protégés contre ces affreux dragons tout aussi imaginaires.

On a grandi, on sait bien que nos terreurs sont vaines, il ne nous reste que cette admiration des figures tutélaires, et l’on se garde bien même d’allumer un peu d’encens sur l’autel de nos mémoires, de peur de voir la fumée à travers le corps de plus en plus translucide de la fée en papier cristal et du Saint Georges en crépon.

Et un jour, malencontreusement, malgré tous nos efforts, on donne un coup de coude un peu maladroit, et on les déchire, pouf, d’un coup les héros sont crevés.