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Avant le folklore vendredi 08 août 2008 à 19:46

Publié par Marie-Aude in : Maroc , 2commentaires

Avant que le folklore devienne un objet d’études ou de représentation, il est ce que les gens du coin appellent simplement “nos traditions” ou “nos coutumes”.

C’est ce que j’ai la chance de vivre cette semaine entière, avec le mariage de deux de mes nièces, dans notre petit village du bord du désert marocain. Une semaine de fêtes, de chants, de danses, et d’autres traditions, la préparation des fiancés, des symboles qui sont suffisamment vivants pour ne pas avoir besoin d’être joués.

Voir un orchestre d’hommes chanter et danser l’ahaouache, une danse du sud rythmée par les tambours, peut être un très beau spectacle. Voir le même ahaouache chanté par les hommes du village, des voisins que l’on connait, au coeur de la palmeraie, avec les enfants qui tournent autour, un des chanteurs qui n’a pas la belle djellabah blanche et les babouches jaunes d’uniforme, mais qui met tout son coeur à suivre l’orchestre est un moment précieux, même si il est moins esthétique.

Participer aux rituels de préparation des femmes, quand les chants qui accompagnent la cérémonie du henné, par exemple, ne sont pas des paroles recueillies par un ethnologue, mais des incantations aussi naturelles que nos chants de Noël ou d’anniversaire, quand les vêtements des mariées ne sont pas parfaits, mais que le voile rouge sera retenu par une épingle à nourrice, parce qu’il est réellement essentiel qu’il ne tombe pas et qu’on ne puisse pas voir le visage de la fiancée, c’est tout simplement une chance que j’ai pleinement savourée, malgré la chaleur, malgré les six litres d’eau par jour et les nuits inconfortables, malgré la fatigue, la poussière, parce qu’avant le folklore, il y a le moment vrai de la jeune fille qui entre dans une nouvelle vie.