De l’art de dire sans dire, ou l’auto-promotion hypocrite septembre 10 2008
Publié par Marie-Aude in : Féminisme , 14commentairesOn en parlait chez Larbi, il est quelqu’un pour qui je n’ai aucune sympathie, quoi qu’une certaine admiration.
A regarder de plus près le jeu médiatique récent, mon admiration grandit, et ma sympathie tombe encore plus bas.
Vous prenez donc une “pauvre femme” sur laquelle les medias ont beaucoup parlé, rarement en bien, qui s’est mis à dos la majeure partie de ses services, et notamment à cause de son amour des medias, et de certaine série de photo, en bas résille, bottes à haut talons et robes de grand couturier, qui n’avaient certes rien à voir avec sa fonction.
Cette pauvre femme, donc, maltraitée par les medias, a un petit ventre rebondi, et ne peut plus le cacher.
Elle “annonce” donc l’évidence, et réussit une superbe muleta, un roulement de cape qui détourne les regards de tous.
Admirez donc la différence entre ces deux phrases :
“C’est ma vie privée et j’entends qu’elle le reste”
ou
“J’ai une vie privée compliquée et c’est la limite que je me pose vis-à-vis de la presse. Je ne dirai rien là-dessus”.
De l’art de dire beaucoup sans rien dire. Car dire que c’est compliqué, c’est ouvrir une porte, une invitation à regarder par le trou de la serrure, à essayer de savoir pourquoi c’est si compliqué. La première phrase est factuelle, sans insinuation, ferme et définitive.
En allant plus loin dans l’analyse, vous remarquerez aussi la différence entre “j’entends qu’elle le reste”, qui est général, et peut même sous entendre qu’on prendra les mesures adéquates (extrêmement facile à certains postes), si cette vie privée le devenait un peu moins, et la deuxième phrase : “je ne dirai rien” ne veut pas dire “rien ne doit être dit”, “les limites que je me pose” ne veut pas dire “les limites”, et on irait un peu loin en lisant entre les lignes une déclaration qui serait :
“J’ai une vie privée compliquée mais très intéressante. Je ne peux rien dire, mais si vous avez des choses à raconter, allez-y”.
Non, vraiment je ne l’aime pas.
Valises posées. septembre 10 2008
Publié par Marie-Aude in : Errances , 2commentairesC’est une chose qui m’a frappée, pendant que mon esprit embrumé regardait la verdure allemande par la fenêtre du train qui me ramenait de l’aéroport à la maison. J’ai fait, sans m’en rendre compte, un énorme changement dans ma vie, quand j’ai décidé de faire le grand déménagement.
Quand j’étais enfant, je n’aimais pas trop les voyages. A de rares exceptions près, mon seul voyage était le chamboulement annuel des grandes vacances, près de deux mois et demi aux Sables d’Olonne. Nous partions toujours en train, souvent seules ma mère et moi, mon père nous rejoignant plus tard. Et quand il venait avec nous, c’était malgré tout en train, avec la voiture chargée, pour éviter la fatigue de conduire.
Je me souviens d’un temps où il n’y avait pas d’autoroute, et où la DS 21 parcourait longuement les nationales…
Bref, autant j’aimais les vacances, et autant j’aimais retrouver mon chez moi en septembre, autant je détestais le trajet. D’abord j’avais peur de rater le train, je refusais même de descendre sur le quai, au cas où il partirait sans nous, et quand mon père allait ranger la voiture, j’avais peur qu’il ne revienne pas à temps. Ensuite je m’ennuyais pendant le trajet - en fait je devais être infernale, la môme qui demande tout le temps “quand est ce qu’on arrive”. Les six cent kilomètres devaient quand même nous prendre cinq à six heures. Dire qu’à cette époque là, on pouvait les faire en train de nuit. (Lire la suite…)

