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Avant le folklore août 8 2008

Publié par Marie-Aude in : Maroc , rétrolien

Avant que le folklore devienne un objet d’études ou de représentation, il est ce que les gens du coin appellent simplement “nos traditions” ou “nos coutumes”.

C’est ce que j’ai la chance de vivre cette semaine entière, avec le mariage de deux de mes nièces, dans notre petit village du bord du désert marocain. Une semaine de fêtes, de chants, de danses, et d’autres traditions, la préparation des fiancés, des symboles qui sont suffisamment vivants pour ne pas avoir besoin d’être joués.

Voir un orchestre d’hommes chanter et danser l’ahaouache, une danse du sud rythmée par les tambours, peut être un très beau spectacle. Voir le même ahaouache chanté par les hommes du village, des voisins que l’on connait, au coeur de la palmeraie, avec les enfants qui tournent autour, un des chanteurs qui n’a pas la belle djellabah blanche et les babouches jaunes d’uniforme, mais qui met tout son coeur à suivre l’orchestre est un moment précieux, même si il est moins esthétique.

Participer aux rituels de préparation des femmes, quand les chants qui accompagnent la cérémonie du henné, par exemple, ne sont pas des paroles recueillies par un ethnologue, mais des incantations aussi naturelles que nos chants de Noël ou d’anniversaire, quand les vêtements des mariées ne sont pas parfaits, mais que le voile rouge sera retenu par une épingle à nourrice, parce qu’il est réellement essentiel qu’il ne tombe pas et qu’on ne puisse pas voir le visage de la fiancée, c’est tout simplement une chance que j’ai pleinement savourée, malgré la chaleur, malgré les six litres d’eau par jour et les nuits inconfortables, malgré la fatigue, la poussière, parce qu’avant le folklore, il y a le moment vrai de la jeune fille qui entre dans une nouvelle vie.

Commentaires»

1. yves - 8 août 2008

Photos, videos, n’hésite pas à tout enregistrer, à tout prendre. Tout cela va disparaître. Quand j’étais gamin, j’ai assisté à des fantasias, dans le bled, avec parfois 500 chevaux. Les cavaliers rivalisaient d’élégance avec des harnachements somptueux. A l’époque, on ne faisait pas de photos, ou très peu. Il ne reste que les souvenirs.

2. Marie-Aude - 8 août 2008

Je prends d’autant plus que je suis quasiment la photographe officielle. Mais ces photos doivent rester privées, j’aurais l’impression de trahir quelque chose de très important si je les montrais en dehors du cercle familial. Je les imprimerai, je les mettrai dans un album, et inchallah…
Et Bilal, lui filme.
Parfois, chez les femmes, je dois le faire moi même. sans comprendre les paroles. Mais un jour je parlerai la langue du coin.

Les fantasias somptueuses ont effectivement disparu, en dehors des moussems. Mais il reste les petites fantasias, celles qu’on fait par exemple pour un mariage dans les montagnes….
http://www.oasisdemezgarne.com/photos.php?g=fantasia&l=fr