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Les étranges idées du chef de l’Etat. janvier 19 2010

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Suis la seule que l’idée de mettre Alain Jupé à la tête de la Cour des Comptes fait doucement rigoler ? Rappelez-mois pourquoi il a été jugé ?

L’identité nationale novembre 27 2009

Publié par Marie-Aude in : Mékisonkon , ajouter un commetaire

A ma grande flemme de ressortir une vieille sauvegarde de ce blog, et un article sur tous ces étrangers qui sont des gloires française se rajoutait une lassitude, ce débat m’énerve et me hérisse, mais en même temps, on ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif (vieux proverbe français), ni dire des choses intelligentes à Eric Raoult.

Heureusement, les citations me sauvent.
Celle ci, sortie d’un « site blog » un peu atypique, celui de Louis-Jean Calvet, un linguiste qui titille avec beaucoup plus de talent que moi les mêmes zones d’intérêt, et que j’ai découvert en flânant chez Jean Véronis (qui se fait rare, d’ailleurs).

Alors je cite, avec plaisir et sans vergogne.

Le débat sur l’identité nationale me hérisse le poil, non pas en tant que tel mais par la façon dont, et les raisons pour lesquelles, il a été lancé. Pourtant, lorsqu’on se promène entre les langues, lorsqu’on butine, comme j’aime à le faire, des différences sémantiques, on récolte des points de vue différents qui peuvent éclairer le débat. Pour faire simple, tenons nous-en au français et à l’anglais. Dans la première langue on est de quelque part, dans la seconde on belong to somewhere. La structure française permet, en passant, de régler définitivement la vieille série de questions (Qui suis-je ? D’où viens-je ? Où vais-je ?) : je suis moi, je viens de chez moi, je retourne chez moi…. Mais restons sérieux : entre être de quelque part et to belong to somewhere il y a plus qu’une nuance, il y a toute la différence entre identité et appartenance, ce qui n’est pas tout à fait la même chose. Justement, Michel Serres, dans Libération de jeudi dernier, proposait de distinguer, à la lumière des mathématiques, entre ces deux notions: a est a, c’est une identité, a est inclus dans l’ensemble X, c’est une appartenance. Or, poursuit Serres, confondre les deux conduit non seulement à une erreur logique mais au racisme. Tout individu est lui-même, et n’est que lui-même, mais il peut avoir plusieurs appartenances. Suis-je Français ? Méditerranéen ? Français de Tunisie ? Linguiste ? Guitariste du dimanche ? Ecrivain ? Je suis tout cela à la fois, et d’autres choses encore, j’ai plusieurs appartenances, qui constituent peut-être mon identité. Et, dès lors, le syntagme identité nationale confond deux choses, une identité (un individu) et une appartenance (ici nationale) parmi d’autres. C’était juste une modeste contribution à l’éducation de monsieur Besson. Mais il est vrai que pour lui ses appartenances successives peuvent lui poser des problèmes d’identité.

Que ça ne vous empêche pas de partir à la pêche de toute ce qui se trouve d’intéressant disséminé dans son site.

Il n’y manque qu’une chose, un petit fil rss.