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Régal de lecture dimanche 13 avril 2008 à 23:27

Publié par Marie-Aude in : Littératures , 5commentaires
Une veuve de Papier par John Irving

Je n’aurais pas dû… mais j’ai passé mon week-end plongée dans un John Irving pas tout récent, “Une veuve de papier“, en V.O. “One year Widow”.

Ce livre est un petit bijou. Ancien, certes, puisqu’il a maintenant sept ans, mais je suis bien contente de l’avoir retrouvé par hasard dans un bout d’étagère de ma bibliothèque.
L’intrique est un mélange de mélodrame, d’ironie, et d’indulgence pour des personnages qui se compliquent bien la vie, pour arriver à trouver leur bonheur.
Tous les caractères principaux sont écrivains, sauf un, et c’est d’ailleurs lui qui est le plus simple, et par qui, en quelque sorte, le Happy End arrive. Entre le Dom Juan des Hamptons écrivain pour enfant et dessinateur de femmes nues, la journaliste féministe et croqueuse d’hommes, le professeur d’anglais pompeux et ennuyeux, la femme déjà un peu mûre qui n’arrivera que bien plus tard à écrire, le jeune homme éperdument amoureux et fidèle qui écrira sans cesse le même livre, et se met tout entier dans ses histoires, incapable d’imaginer ce qu’il n’a pas vécu, et Ruth, le personnage central, qui met beaucoup plus d’autobiographie dans ses livres qu’elle ne veut se l’avouer, tout en étant la plus talentueuse de tous, ce sont les vues d’Irving sur la littérature et le roman qui sont expliquées, sans lourdeur, sans dogmatisme. Et on assiste de façon assez fascinante au processus créatif, au moins par deux fois il montre comment un auteur s’empare d’un fait réel pour le transformer en oeuvre d’imagination. (more…)

Le grand départ samedi 29 mars 2008 à 20:38

Publié par Marie-Aude in : sablier , 8commentaires

Ça y est enfin. Cela fait des semaines que je pense à ce moment. Comme le dit le dicton coréen, « le meilleur moment quand on fait l’amour, c’est quand on monte les escaliers ». Un bordel monstre règne dans et sur mon bureau. Rien à battre. Dans une demi-heure j’éteins l’ordinateur, je transfère la ligne chez Isabelle qui va gérer mes emmerdeurs préférés pendant mon absence, et je me casse. Pour cinq semaines.

C’est long, cinq semaines, je sais. Mais quand mon patron a dégluti de travers, je lui ai rappelé que les RTT n’étaient pas faites pour les chiens, et que de toutes façons il n’avait pas le choix, parce qu’il m’avait déjà refusé mes congés trois fois dans l’année, et qu’il me restait exactement cinq semaines avant le 31 mai, date fatidique à laquelle je perdrais tout. Donc, à vous revoir le premier juin.

Cinq semaines, ça ne m’est jamais arrivé de prendre autant de congés d’un coup. Et là, je m’offre le grand voyage dont je rêve depuis tellement longtemps.
Quand je dis que j’y pense depuis des semaines… c’est vrai d’une certaine façon, depuis que j’ai réservé mes billets, mais en réalité j’y pense depuis des années, depuis des dizaines d’années, depuis que je feuilletais, gamine, les prospectus que mes parents gardaient d’un projet avorté d’expatriation en Afrique du Sud. Les paysages désertiques, les vignobles aux antipodes, le cap de Bonne-Espérance, les grands fauves. Et j’allais enfin voir tout cela !

Enfin, enfin j’allais partir, m’arracher au boulot, aller loin, découvrir le désert. J’y pense depuis des semaines, des mois…. J’ai presque peur d’être déçue maintenant !

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Ceci est ma sixième participation au sablier de printemps de Kozlika. Et elle est très autobiographique (mais mon bureau n’était pas en bordel). Je n’ai pas été déçue par ces cinq semaines. Et cela a été le début d’un changement de vie…

L’accident musical vendredi 28 mars 2008 à 21:20

Publié par Marie-Aude in : sablier , 10commentaires

Certains soirs, pour faire mon intéressant, il m’est arrivé de monter sur une chaise, de me draper dans un torchon à carreaux et de déclamer une poignée de vers avec des accès de lyrisme proportionnels à mon taux d’alcoolémie. Il s’agissait de l’extrait suivant : « C’est pas marqué dans les livres / Le plus important à vivre / C’est de vivre au jour le jour / Le temps c’est de l’amour ». Mon succès était … divers, disons, au mieux.
Divers vers le bas, d’ailleurs.
Je chante faux comme une casserole, pour être honnête, et il fallait déjà quelques vodka pour que j’ai le courage d’ouvrir.
Mais après on ne m’arrête plus.

Enfin, ça m’a passé. Le soir où la chaise n’était pas assez solide pour supporter la gestuelle qui accompagnait mon lyrisme.
La paille a crevé, je suis passé à travers.
Ca n’aurait pas été très grave.
Mais j’avais mis la chaise sur la table. Elle est tombée, et moi avec. Le dossier de la chaise est venu à la rencontre de mon entrejambe.

J’ai poussé un contre-ut violent, une sorte de hululement, parait-il.

Je me suis réveillé à l’hôpital.

Et le pire, voyez-vous, dans tout ça, c’est que je chante encore plus faux qu’avant, et que je ne peux même pas tirer profit de ma voix de castrat.

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Voici ma participation au cinquième sablier de printemps sur une amorce de Monsieur Le Chieur qui partage mon admiration pour le style obispien.

Son blog jeudi 27 mars 2008 à 23:58

Publié par Marie-Aude in : sablier , 3commentaires

Vous savez pas la dernière ? Il parait que j’ai un blog. Oui, oui, un de ces machins sur Internet où je raconte ma vie. C’est mon cousin qui m’en a parlé, à midi, pas trop content que j’ai révélé autant petits secrets de famille, et que je me sois moquée de son père, sans penser à cacher son nom.
J’en ai laissé tombé mon sucre dans le café - j’étais en train de faire canard, justement une habitude que mon oncle m’avait donnée. Hop, café trop sucré, et pas de canard, il a fallu faire changer la tasse, et pendant tout ce temps là je regardais mon cousin avec des yeux plus ronds que la soucoupe de la tasse de café. Et j’étais parfaitement capable de faire la comparaison, parce que la serveuse, mal stylée, avait juste repris la tasse, en laissant la petite cuillère, la soucoupe, avec une trace sombre en demi-cercle. (more…)

La septième vague mercredi 26 mars 2008 à 20:23

Publié par Marie-Aude in : sablier , 9commentaires

Il est trois heures du matin, je n’arrive pas à dormir. J’entends le bruit de la mer, des vagues qui s’écrasent contre la falaise en soupirant, en rongeant de leur larmes les pierres insensibles. J’ai toujours aimé le bruit de la mer, cette compagne de solitude. Le bruit sourd, régulier, avec les petite arythmies d’un être vivant.

Quand j’étais enfant, je pouvais passer des heures à guetter la septième vague, celle qui était plus grosse que les autres. Mais le problème, pour trouver la septième vague, c’est de connaître la première. Car quand une septième vague est plus petite que la précédente, c’est bien que ce n’était pas la septième ? Laquelle alors ? C’est tout l’arbitraire des commencements. Il y a eu un jour une première vague, et une septième vague, plus forte que les autres. (more…)

Une simple brosse à dents mardi 25 mars 2008 à 23:46

Publié par Marie-Aude in : sablier , 9commentaires

Il faut que je vous raconte… C’est une drôle d’histoire en fait, une histoire de brosses à dents ! Dingue !! En fait tout a commencé alors que j’étais chez B. toute la semaine dernière. Nous avions bien senti que quelque chose se tramait dans la salle de bain, et puis il fallait se rendre à l’évidence, il y avait des signes avant-coureurs qui ne trompent pas…un petit air allègre, un peu moins de disponibilité pour les vieux copains, et surtout ce répondeur, le vendredi soir, le samedi soir, toutes les semaines.

Il faut vous dire que même si B. a de quoi faire chavirer le cœur des filles, c’est un célibataire endurci. Un beau ténébreux à la voix un peu grave et au sourire soleil, mais plus réservé qu’un chat, plus glissant qu’un calamar, un in-rattrapable irréductible. Pas un Don Juan non plus, il n’abusait pas trop, mais on sentait bien qu’il ne voulait pas partager sa vie. Il avait ses tics et ses manies, et son appartement avait comme un sortilège qui empêchait toute conquête de déposer un quelconque objet personnel. L’œil de lynx de B. repérait tout de suite le rouge à lèvre, le sèche cheveux ou la petite culotte soi-disant oublié, et le remettait dans le sac de la dame, avec un baiser prolongé sur le pas de la porte pour lui faire oublier sa déception.
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Dis moi dix mots lundi 24 mars 2008 à 20:42

Publié par Marie-Aude in : Littératures , 2commentaires

Et voilà…. On s’embarque avec plaisir dans un jeu littéraire de la talentueuse Kozlika, dans l’attente de petits sabliers qui s’égrènent, mais cette fois-ci, doté d’une générosité badine, elle nous propose, en plus des sabliers de printemps, égrenage de billets sur une ouverture donnée, un dix en un, et il me faut commencer à vous concocter une historiette qui reliera, mine de rien, dix mots incongrus et tirés au hasard. Et c’est comme dans la cuisine marocaine et le mélange d’épices, pour que cela soit réussi, il ne faut s’apercevoir de rien, c’est pire que la quadrature du cercle, le nombre d’or ou la mémorisation des mille premières décimales du nombre pi.

Cela tombe bien, en ce lundi de mars et de printemps, il fait froid, il neige, et comme d’habitude, le radiateur de ma chambre à coucher ne fonctionne pas, je suis donc confinée dans le bureau, seule pièce de la maison à disposer d’un radiateur efficace. De retour du Maroc depuis hier, je n’ai pas envie de travailler, j’ai essayé de lire un peu, mais refermé avec ennui et “La Chartreuse de Parme”, et le dernier “Petit Spirou” rapporté de Paris, et la tonne de magazine photo dont je me gave avec plaisir.

C’est une journée de bulle avec ce doux ennui des dimanches, même pour un lundi de Pâques, je ne suis pas visible, gros pull, caleçon et chaussettes épaisses en tire-bouchon pour résister au froid dès que je m’aventure dans le reste de l’appartement, et je me plonge dans mon lecteur de blogs pendant une bonne heure. Pas beaucoup de perles, tout le monde est aussi paresseux que moi ; j’abandonne, et part me bagarrer avec la compagnie aérienne qui refuse, malgré des conditions générales de vente extrêmement claires, de me rembourser mon billet annulé. Et puis en revenant chez Kozlika, une surprise, celle de ce Xave inconnu qui doit être cité, un beau blog, une poésie dans le chagrin d’amour, mais plein d’humour, alors je lui souhaite de se trouver bientôt, un jour, qui sait pourquoi pas le 6 avril prochain, entre midi et treize heures, une Roxane, une Isolde, une héroïne de roman romantique qui lui fera battre le cœur. Et de revenir me le dire….

Nathalie de Ouarzazate lundi 11 février 2008 à 00:07

Publié par Marie-Aude in : Littératures, Maroc, Nathalie , 2commentaires

A huit heures du soir, les petites rues de Ouarzazate sont bien sombres. Je n’aurais pas reconnue Nathalie, si elle ne s’était pas arrêtée, en m’appelant “Hassan ! Comme ça fait plaisir ! Comment tu vas ? Labes alik ? Et la famille…” et moi de regarder ce tout petit bout de femme, une européenne, bien sûr, qui n’avait plus rien de commun avec la fille solaire, chaleureuse, envoûtante avec qui j’avais partagé un été, quelques années plus tôt, à Marrakech.
Moi non plus, je n’étais plus le même, parti en France, expulsé, je venais enfin d’oser rentrer chez moi, avec un peu d’argent, quand même, gagné en faisant le samsar, dans toutes sortes d’affaires, des papiers, des ventes et des reventes, en profitant de cette fièvre qui passe sur la ville rouge.

Ouarzazate aussi est rouge, rouge de la poussière du désert, et gris de l’ennui de ses habitants; de ce silence qui tombe sur la ville avec l’obscurité. Et dans la lueur jaune tremblotante, il y avait Nathalie, les cheveux gris et tombant, les vêtements routard usé, le visage un peu ridé, et le sourire hésitant.

On ne savait pas trop quoi faire. Je n’allais pas la raccompagner chez elle, ça ne se fait pas. Ni aller prendre un café, ça peut se faire, mais ce soir là je n’avais plus un dirham en poche, et je voulais quand même l’inviter.

Alors on a échangé nos numéros de téléphone, on a noté dans nos portables, et on s’est rappelés tout de suite, pour être sûrs de ne pas s’être trompés.

Et j’ai rejoins le salon de l’hôtel Royal, pour y passer la nuit, sans trop savoir quoi faire avec ce numéro. Il n’y avait pas eu de vrai amour entre nous, on avait profité de la chaleur et de l’été, je n’espérais même pas qu’elle m’emmène en France, des bons moments, c’est tout.

Mais là, je l’avais, son numéro. Elle avait l’air fragile comme une vieille dentelle, un peu usée, et tellement contente de me revoir, je me doutais que ça la décevrais si je restais silencieux. Et puis elle vivait là, on se croiserait tout le temps, alors autant jouer le mec sympa.

Petit dej, huile d’olive, et après avoir rabattu un client, je suis parti m’acheter une carte jawal, 100 dirhams pour recharger le portable, et je l’ai appelée.

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Cette fois-ci, il va falloir de l’indulgence et de la patience. Alors que “Habiba” était écrit aux trois-quarts quand j’ai commencé à publier son histoire, pour Nathalie, c’est du direct-live.

C’est d’ailleurs pour ça que je mets cet extrait ici, pour me pousser au cul à écrire, je compte sur vous pour râler quand je traîne trop, enfin si ça vous plaît.

Il y a en projet toute une série d’histoires.

La vraie Habiba mercredi 16 janvier 2008 à 09:32

Publié par Marie-Aude in : Habiba, Maroc , 4commentaires

Il n’y a pas “une” vraie Habiba, et, comme de juste, “toute ressemblance, etc…”, les prénoms, les circonstances ont été changés.

Il y a pourtant, dans une banlieue lilloise, une femme, rencontrée il y a quelques années, qui n’arrivait pas à cacher derrière le sourire poli de façade, la profondeur de sa tristesse.

On m’a expliqué pourquoi, et les premières phrases d’Habiba sont venues sous ma plume (enfin mon clavier). L’imagination a fait le reste.

A un moment, je me suis arrêtée dans cette histoire, je ne savais pas pourquoi, les chemins étaient pourtant tout tracés, mais je n’arrivais pas à les écrire.

Tout c’est débloqué cet été, quand j’ai revu la “vraie Habiba”. (more…)

Habiba - 28 mercredi 16 janvier 2008 à 09:30

Publié par Marie-Aude in : Habiba, Maroc , 1 commentaire seulement

Zoubida redescendait de sa chambre à ce moment-là. Avec méchanceté, avec rancœur elle a jeté à son frère “Tu vois, Leïla, elle comprend les choses, elle, elle ne détruit pas tout autour d’elle sous prétexte qu’elle a un truc en plus …. Tu parles, c’est un cerveau en moins que tu as.
- Mais oui, mais je sais bien que tu étais d’accord, c’était la plus belle bêtise que tu faisais, tu ne te rends pas compte, tu gâchais tout, enfin, on n’est plus au pays, tu n’as pas besoin de faire ça.
- Et tu voulais que je fasse quoi ? Comme Malika ? Que je me sauve ? Tu sais très bien qu’il n’aurait jamais voulu. Il ne comprend pas ces trucs là, il a rendu Maman malheureuse toute sa vie. Adnan au moins il ne mentait pas.
- Ah bon ? Epouser une fille et en aimer une autre, c’est pas mentir ?
- A son père, peut-être, pas à moi !
- Et au Dieu ? Le mariage, c’est pas un moyen de se sauver de son père.
- Le Dieu, si il ne veut pas qu’on fasse ça, il n’a qu’à s’occuper de nos pères. Et puis toi, tu te prends pour qui, à te mêler de tout ça ? Tu te prends pour mon père ?
- Non je me prends pour ton frère. Papa il s’en fout de ce qui t’arrive, du moment qu’il t’a donnée vierge et que ça ne lui fait pas de souci. Mais moi je sais par quoi tu vas passer après, ça va te détruire. Toutes les filles elles cherchent à les éviter, ces mariages-là, et toi tu construis ta prison toi-même.
- Ma prison, n’importe quoi, pas de prison, Adnan et moi on était clairs, on était d’accord. Qu’est-ce que tu imagines ? Qu’il avait envie de me toucher ? Trop occupé avec sa copine. Le sang de poulet c’est pas fait seulement pour les filles qui ont couché. Nous aussi on aurait montré les draps, le lendemain. T’es vraiment idiot, t’as rien compris.” (more…)

Habiba - 27 mardi 15 janvier 2008 à 09:30

Publié par Marie-Aude in : Habiba, Maroc , ajouter un commetaire

C’est Hassan, mon ombrageux silencieux, qui a découvert le secret d’Adnan, et j’ai cru revivre mon déchirement, des années auparavant, il avait la même expression que mon frère, le soir où il est rentré de Marrakech.
Pendant que ma fille suivait ses cours, loin, Adnan sortait avec une autre fille. Une française.
Alors qu’il était fiancé, il la trahissait déjà !

Comme mon Aziz était fou de rage, comme il se fâchait pour défendre l’honneur de sa fille et interdire qu’on la trompe, comme il frappait du poing sur la table et élevait la voix, à la mesure de ses espoirs déçus. Une fille sauvée, une fille abandonnée, non il n’avait vraiment pas de chance, mais au moins, cette fois-ci, il pouvait s’en prendre à un autre. (more…)

Habiba - 26 lundi 14 janvier 2008 à 09:00

Publié par Marie-Aude in : Habiba, Maroc , 4commentaires

Il y avait des choses qu’on évitait de dire, des phrases un instant suspendues, comme des murmures qui se détournaient. Il ne fallait surtout pas parler de ce qui pouvait fâcher, et même si je voyais bien que tous les enfants y pensaient, je voulais surtout recréer une paix familiale, et profiter de ce moment où Aziz était heureux, où je retrouvais enfin la fébrilité des femmes de mon enfance, en préparant le mariage.

On ne ferait pas tout comme là-bas, ce ne serait pas possible bien sûr. Mais quand même, on mettrait nos plus beaux caftans, nos takchitas, ces surcots de gaze brodées, nos babouches dorées, et nos bijoux massifs. On ferait du couscous, on demanderait au boucher de nous réserver un bœuf, et un mouton, et des poulets. Une semaine avant le mariage, toutes les femmes se mettraient à cuisiner, tous ces petits gâteaux si vite avalés et si long à faire. (more…)

Les gens des nuages vendredi 04 janvier 2008 à 12:59

Publié par Marie-Aude in : Littératures , 2commentaires

J’ai écrit sur Mezgarne, sur le lien que j’ai découvert entre les gens des nuages et Tazzarine.

Le Clézio fait partie des mes auteurs fétiches, “Le Chercheur d’or” a bercé mon adolescence, avec un autre livre que je lisais et relisais en alternance, “L’Oeuvre au noir“, de Yourcenar. (more…)

Habiba - 25 lundi 31 décembre 2007 à 09:15

Publié par Marie-Aude in : Habiba, Maroc , 4commentaires

Aziz a décidé de renvoyer Zoubida au Maroc. Tout de suite, pour qu’elle ne fasse pas comme sa soeur, pour qu’elle ne se sauve pas. Une fois là-bas, au bled, elle serait en sécurité, il n’y aurait pas d’aroumin pour lui tourner la tête, et elle pourrait prendre le temps de se trouver un bon mari.

Mais c’était déjà trop tard. Ma Zoubida aussi avait la tête tournée. Et pire encore, mais ça je ne le savais pas encore. Elle a rusé, comme une marrakchia.

Quand son père lui a dit de faire ses bagages parce que le lendemain ils retournaient au pays, elle lui a répondu que ce n’était pas la peine, elle, elle voulait se marier ici, et avec le fils du boucher. Il la regardait depuis longtemps, elle le savait, il lui plaisait bien, alors plutôt que de payer un aller-retour pour la faire revenir se marier ici, et peut-être lui faire perdre les papiers entretemps, il ferait mieux d’aller s’entendre avec son ami, et voir quand ils pourraient être unis. (more…)

Habiba - 24 mercredi 19 décembre 2007 à 09:47

Publié par Marie-Aude in : Habiba, Maroc , 6commentaires

Non je ne te comprends pas, tu détruis tant de choses pour l’espoir d’un bonheur, crois-tu que cela en vaille la peine, dans cinq ans ton bel amour ne sera plus qu’un mari, un homme auquel sourire quand il rentre tard, un homme que tu devras garder toute ta vie, même quand il te trompe, même quand il t’oublie.

Tout en lui massant les épaules avec la crème, je gardais tout cela pour moi. Partagée entre la colère, la pitié

Elle m’a parlé.
Elle voulait que je la comprenne.
Que j’accepte son choix, que je la soutienne. (more…)

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