aller à la navigation

Le Djinn a tué Mina dimanche 09 mars 2008 à 10:07

Publié par Marie-Aude in : Coup de gueule, Maroc , 10commentaires

Mina avait 32 ans, et elle est morte mardi, en laissant trois garçons, et une petite fille de six ans.

Elle est morte soudainement, deux jours avant elle a commencé à avoir de la fièvre, et à se sentir fatiguée, et elle est allée voir le médecin, qui lui a donné du doliprane et un antibiotique généraliste pour soigner sa grippe.
Mardi matin, elle a eu un vertige, elle est tombée en sortant de la douche, et le temps d’arriver à l’hôpital, elle était décédée. C’est évident qu’elle avait autre chose qu’une grippe.

Mina n’a pas dit au médecin que quelques semaines avant elle avait déjà eu des vertiges, et que les médicaments qu’on lui avait donné à ce moment là l’avaient guérie. Puisqu’elle était guérie, cela n’avait rien à voir avec sa grippe. (more…)

L’affaire Fouad Mourtada, révélatrice d’une faille abyssale entre les deux Maroc mardi 26 février 2008 à 21:37

Publié par Marie-Aude in : Maroc , 12commentaires

Vendredi, Fouad Mourtada, ce jeune ingénieur marocain, a été condamné à trois ans de prison ferme, et 10.000 dirhams d’amende, pour avoir fait un faux profil Facebook, au nom du frère cadet du roi (mais avec sa propre photo).

Condamnation extrêmement lourde à nos yeux, aux yeux de la blogoma marocaine, aux yeux des MRE, aux yeux des marocains partisans d’une démocratisation du pays, condamnation d’autant plus lourde que la loi a été violée, pour la prononcer, si dans l’esprit, il y avait effectivement un délit, on résumera sous “atteinte à la sacralité de la famille royale”, dans la lettre, la définition de ce délit ne recouvrait pas ce qu’avait fait Fouad.

Condamnation modérée, par rapport au maximum encouru (toujours en violant la loi), qui était de cinq ans, condamnation modérée par rapport aux énormes amendes (plusieurs centaines de milliers d’euros) qu’ont dû payer des journaux qui n’avaient fait qu’écrire les blagues que tout le monde répète.

Et surtout, à ma grande surprise, condamnation qui laisse indifférent une grande partie du Maroc. En parlant autour de moi, avec Bilal, avec des gens qui - comme l’immense majorité des marocains - ne fréquentent pas la petite bulle de la blogosphère et du Web 2.0, faute d’accès internet, faute d’éducation, faute d’intérêt, faute de temps… j’ai été surprise d’entendre beaucoup de gens dont je respecte l’opinion, que je ne tiens pas pour des brutes sanguinaires, des dictateurs en puissances, ou des personnes serviles approuvant tout ce que fait l’autorité, des monsieur tout le monde donc, me dire - en résumé - so what ? (more…)

C’est assez rare de vivre un moment “historique” en en ayant conscience. dimanche 17 février 2008 à 11:50

Publié par Marie-Aude in : Maroc , 25commentaires

Bien sûr, je ne parle pas de ces grands moments du type la chute du Mur de Berlin, la signature de l’armistice ou l’entrée en guerre. Là tout le monde est au courant…

Non je pense plutôt à ces dates qui “après” seront utilisées pour marquer la fin d’un époque, le pivot d’une transition. Un moment historique, cela peut aussi être le moment où le petit cailloux qui retenait le gros amas de pierre se désolidarise et commence sa descente effrénée. Les grosses pierres n’ont encore rien senti, mais elles seront moins solides, et peu à peu elles suivront le caillou.

Le 5 février 2008 est je crois de ceux là.

On s’en rendra compte plus tard, le 5 février 2008, l’évolution douce du Maroc vers une démocratie “plus large” s’est arrêtée. (more…)

Soutien à Fouad Mortada jeudi 14 février 2008 à 20:55

Publié par Marie-Aude in : Coup de gueule, Maroc , 1 commentaire seulement

Demain va passer en jugement au Maroc un jeune homme qui a été emprisonné et torturé pour avoir osé, pendant quelques jours, prendre comme pseudo sur Facebook le nom du jeune frère du roi, le prince Moulay Rachid.

Vous pourrez trouver tous les détails de cette affaire sur le site monté pour sa défense “Help Free Fouad”

Bien que ce ne soit pas “éthique”, il y a des dizaines de profils au nom de célébrités sur Facebook. Quand la véritable personne en fait la demande, le profil est aussitôt supprimé, et voilà.

Mais ici, il semble s’agir d’un crime contre la sécurité de l’état.

Car sinon, qu’est-ce qui justifierait un tel traitement :

J’ai été appréhendé au matin du Mardi par deux individus qui m’ont embarqué dans un véhicule puis m’ont placé un bandeau noir sur les yeux. Après à peu près un quart d’heure on m’a à nouveau fait changer de véhicule, puis emmené dans un bâtiment pour y subir un interrogatoire. Là j’ai été persécuté, roué de coup, de gifles, crachats et insultes. On m’a aussi frappé pendant des heures avec un appareil sur la tête et sur les jambes. Ce calvaire a duré tellement longtemps que j’ai perdu connaissance plusieurs fois et aussi perdu la notion du temps. J’ai été totalement surpris d’apprendre lorsqu’on m’a à nouveau changé de lieu était le mercredi.

Il y a chez Larbi, Motic et Ibn Kafka trois excellents articles.

Et maintenant sur Techcrunch, qui relaie un article de CNN.

Ils sont malins à l’O.N.E. jeudi 14 février 2008 à 11:23

Publié par Marie-Aude in : Maroc, Quotidien , ajouter un commetaire

L’O.N.E. c’est l’E.D.F. marocain.

Parfois ils ont besoin de faire des délestages, parce qu’ils n’ont pas assez d’électricité. Ils coupent un quartier, une ville. Et vous savez quoi ? Ils font ça pendant la nuit, parce que les gens dorment.

Le fait qu’on ait éventuellement besoin de lumière pour aller pisser, et que c’est justement la nuit qu’on a besoin d’électricité ne les gênent pas. Et ce qui me fait râler, c’est que la coupure de cette nuit a eu lieu après minuit, donc après les pointes de consommation, c’est vraiment du “pas vu pas pris”.

Donc reparamétrer le wifi parce que le modem se réinitialise dès qu’il n’a plus le courant. Et être contente de ne pas avoir de congélateur pour devoir sauver tout ça.

Pense-bête : acheter un générateur pour le futur congélo, en plus de la pierre aiguiser qu’on n’a pas trouvé à Marjane.

Nathalie de Ouarzazate lundi 11 février 2008 à 00:07

Publié par Marie-Aude in : Littératures, Maroc, Nathalie , 2commentaires

A huit heures du soir, les petites rues de Ouarzazate sont bien sombres. Je n’aurais pas reconnue Nathalie, si elle ne s’était pas arrêtée, en m’appelant “Hassan ! Comme ça fait plaisir ! Comment tu vas ? Labes alik ? Et la famille…” et moi de regarder ce tout petit bout de femme, une européenne, bien sûr, qui n’avait plus rien de commun avec la fille solaire, chaleureuse, envoûtante avec qui j’avais partagé un été, quelques années plus tôt, à Marrakech.
Moi non plus, je n’étais plus le même, parti en France, expulsé, je venais enfin d’oser rentrer chez moi, avec un peu d’argent, quand même, gagné en faisant le samsar, dans toutes sortes d’affaires, des papiers, des ventes et des reventes, en profitant de cette fièvre qui passe sur la ville rouge.

Ouarzazate aussi est rouge, rouge de la poussière du désert, et gris de l’ennui de ses habitants; de ce silence qui tombe sur la ville avec l’obscurité. Et dans la lueur jaune tremblotante, il y avait Nathalie, les cheveux gris et tombant, les vêtements routard usé, le visage un peu ridé, et le sourire hésitant.

On ne savait pas trop quoi faire. Je n’allais pas la raccompagner chez elle, ça ne se fait pas. Ni aller prendre un café, ça peut se faire, mais ce soir là je n’avais plus un dirham en poche, et je voulais quand même l’inviter.

Alors on a échangé nos numéros de téléphone, on a noté dans nos portables, et on s’est rappelés tout de suite, pour être sûrs de ne pas s’être trompés.

Et j’ai rejoins le salon de l’hôtel Royal, pour y passer la nuit, sans trop savoir quoi faire avec ce numéro. Il n’y avait pas eu de vrai amour entre nous, on avait profité de la chaleur et de l’été, je n’espérais même pas qu’elle m’emmène en France, des bons moments, c’est tout.

Mais là, je l’avais, son numéro. Elle avait l’air fragile comme une vieille dentelle, un peu usée, et tellement contente de me revoir, je me doutais que ça la décevrais si je restais silencieux. Et puis elle vivait là, on se croiserait tout le temps, alors autant jouer le mec sympa.

Petit dej, huile d’olive, et après avoir rabattu un client, je suis parti m’acheter une carte jawal, 100 dirhams pour recharger le portable, et je l’ai appelée.

— 0 —

Cette fois-ci, il va falloir de l’indulgence et de la patience. Alors que “Habiba” était écrit aux trois-quarts quand j’ai commencé à publier son histoire, pour Nathalie, c’est du direct-live.

C’est d’ailleurs pour ça que je mets cet extrait ici, pour me pousser au cul à écrire, je compte sur vous pour râler quand je traîne trop, enfin si ça vous plaît.

Il y a en projet toute une série d’histoires.

Coteletta de pollo con pesto a la marocaine. lundi 04 février 2008 à 13:50

Publié par Marie-Aude in : Cuisine, Maroc , ajouter un commetaire

C’est très simple… on commence par une de mes nièces, qui a été brusquement rapatriée d’Italie au Maroc cet été, à sa demande rassurez-vous âmes sensibles, il ne s’agit pas d’un mariage forcé ou de tout autre truc de ce genre ; mais le fait est qu’elle a quitté papa-maman, les copines et son pays d’adoption depuis maintenant sept mois, et que pour certaines choses ça fait long.

On continue avec moi, et avec une discussion sur la cuisine italienne, les pasta al pesto, et les coteletta de pollo (j’ignorais que le poulet avec des côtelettes, mais bon…) et devant les yeux brillants de ma nièce, je décide de lui faire quelque chose.

“Facile”, suffit de trouver du basilic.
“Mon chéri, tu peux me ramener du basilic du souk ?” (Moi j’aime bien que les hommes berbères aient l’habitude de faire les courses pour leur femme…)
“Du ???”

Arghhh… c’est justement le jour où Wikipedia décida de tomber en panne au Maroc. Or dans ces cas-là, ma méthode est de trouver la page Wikipedia en français, de cliquer sur le petit “العربية” dans la colonne de gauche et de dire “Bilaaaaal comment tu dis ça ?” et de noter ensuite soigneusement la prononciation phonétique. Quand maken arabiya, ken mouchkil (quand y’a pas d’arabe, y’a un problème). C’est parfois un peu moins simple que ça, mais en général c’est efficace, et pour les besoins quotidiens, ça suffit. (more…)

Aslatoun, le grand philosophe de la Renaissance vendredi 01 février 2008 à 12:29

Publié par Marie-Aude in : Maroc , ajouter un commetaire

La mésaventure de gballand dont une amie cherchait un livre de Platon m’a fait repenser à ce grand moment d(éducation marocaine.

Un de mes neveux, Nourdine, en sixième, arrive un jour à la maison pour que je l’aide à chercher sur internet la biographie d’Aslatoun ce grand philosophe de la Renaissance, c’est la prof qui leur a demandé cela (et sans écrire au tableau le nom), il faut apprendre à chercher sur internet et préparer le cours d’histoire en même temps.

Mon sourcil d’ex-littéraire se soulève un peu, car Assatoun, ça ne me dit vraiment rien, et une brève recherche sur Google le confirme. Et j’ai beau faire le grand écart, j’imagine mal passer d’Aslatoun à Averroès. Et même en enlevant le “Al”, Slato, ça ne me dit rien non plus. (more…)

Un nouveau blog marocain vendredi 01 février 2008 à 11:12

Publié par Marie-Aude in : Maroc , ajouter un commetaire

En surfant je viens de tomber sur le blog de Stephan Carville, qui me plait beaucoup.

Ajouté direct dans la blogliste (j’en profite pour vous signaler qu’hier j’ai fortement enrichi la page de liens… allez y jeter un coup d’oeil).

Censure ? … même pas ! mercredi 30 janvier 2008 à 20:34

Publié par Marie-Aude in : Maroc , 5commentaires

Depuis que je suis au Maroc, je n’arrive plus à accéder à Wikipedia. Quel que soit le poste et la connexion.
Et ailleurs, dans d’autres pays, ça marche.

Mais je n’ai pas non plus vu la levée de boucliers habituels, comme pour la censure de Google Earth.

Alors de deux choses l’une : ou bien les marocains n’utilisent pas wikipedia, ou bien un vilain djinn a décidé que je ne pouvais plus accéder à mon encyclopédie en ligne.

La question est : pourquoi donc censurer Wikipedia ?

La réponse semble être : par simple maladresse, selon Motic http://motic.blogspot.com/ il y a des problèmes aléatoires depuis lundi, à Casa et Rabat. Bref, il y a quelqu’un qui a mis les doigts dans les cables. On en parle aussi ici.

Et ce jeudi, à 15h26 marocaines, c’est revenu !!

La vraie Habiba mercredi 16 janvier 2008 à 09:32

Publié par Marie-Aude in : Habiba, Maroc , 4commentaires

Il n’y a pas “une” vraie Habiba, et, comme de juste, “toute ressemblance, etc…”, les prénoms, les circonstances ont été changés.

Il y a pourtant, dans une banlieue lilloise, une femme, rencontrée il y a quelques années, qui n’arrivait pas à cacher derrière le sourire poli de façade, la profondeur de sa tristesse.

On m’a expliqué pourquoi, et les premières phrases d’Habiba sont venues sous ma plume (enfin mon clavier). L’imagination a fait le reste.

A un moment, je me suis arrêtée dans cette histoire, je ne savais pas pourquoi, les chemins étaient pourtant tout tracés, mais je n’arrivais pas à les écrire.

Tout c’est débloqué cet été, quand j’ai revu la “vraie Habiba”. (more…)

Habiba - 28 mercredi 16 janvier 2008 à 09:30

Publié par Marie-Aude in : Habiba, Maroc , 1 commentaire seulement

Zoubida redescendait de sa chambre à ce moment-là. Avec méchanceté, avec rancœur elle a jeté à son frère “Tu vois, Leïla, elle comprend les choses, elle, elle ne détruit pas tout autour d’elle sous prétexte qu’elle a un truc en plus …. Tu parles, c’est un cerveau en moins que tu as.
- Mais oui, mais je sais bien que tu étais d’accord, c’était la plus belle bêtise que tu faisais, tu ne te rends pas compte, tu gâchais tout, enfin, on n’est plus au pays, tu n’as pas besoin de faire ça.
- Et tu voulais que je fasse quoi ? Comme Malika ? Que je me sauve ? Tu sais très bien qu’il n’aurait jamais voulu. Il ne comprend pas ces trucs là, il a rendu Maman malheureuse toute sa vie. Adnan au moins il ne mentait pas.
- Ah bon ? Epouser une fille et en aimer une autre, c’est pas mentir ?
- A son père, peut-être, pas à moi !
- Et au Dieu ? Le mariage, c’est pas un moyen de se sauver de son père.
- Le Dieu, si il ne veut pas qu’on fasse ça, il n’a qu’à s’occuper de nos pères. Et puis toi, tu te prends pour qui, à te mêler de tout ça ? Tu te prends pour mon père ?
- Non je me prends pour ton frère. Papa il s’en fout de ce qui t’arrive, du moment qu’il t’a donnée vierge et que ça ne lui fait pas de souci. Mais moi je sais par quoi tu vas passer après, ça va te détruire. Toutes les filles elles cherchent à les éviter, ces mariages-là, et toi tu construis ta prison toi-même.
- Ma prison, n’importe quoi, pas de prison, Adnan et moi on était clairs, on était d’accord. Qu’est-ce que tu imagines ? Qu’il avait envie de me toucher ? Trop occupé avec sa copine. Le sang de poulet c’est pas fait seulement pour les filles qui ont couché. Nous aussi on aurait montré les draps, le lendemain. T’es vraiment idiot, t’as rien compris.” (more…)

Habiba - 27 mardi 15 janvier 2008 à 09:30

Publié par Marie-Aude in : Habiba, Maroc , ajouter un commetaire

C’est Hassan, mon ombrageux silencieux, qui a découvert le secret d’Adnan, et j’ai cru revivre mon déchirement, des années auparavant, il avait la même expression que mon frère, le soir où il est rentré de Marrakech.
Pendant que ma fille suivait ses cours, loin, Adnan sortait avec une autre fille. Une française.
Alors qu’il était fiancé, il la trahissait déjà !

Comme mon Aziz était fou de rage, comme il se fâchait pour défendre l’honneur de sa fille et interdire qu’on la trompe, comme il frappait du poing sur la table et élevait la voix, à la mesure de ses espoirs déçus. Une fille sauvée, une fille abandonnée, non il n’avait vraiment pas de chance, mais au moins, cette fois-ci, il pouvait s’en prendre à un autre. (more…)

Habiba - 26 lundi 14 janvier 2008 à 09:00

Publié par Marie-Aude in : Habiba, Maroc , 4commentaires

Il y avait des choses qu’on évitait de dire, des phrases un instant suspendues, comme des murmures qui se détournaient. Il ne fallait surtout pas parler de ce qui pouvait fâcher, et même si je voyais bien que tous les enfants y pensaient, je voulais surtout recréer une paix familiale, et profiter de ce moment où Aziz était heureux, où je retrouvais enfin la fébrilité des femmes de mon enfance, en préparant le mariage.

On ne ferait pas tout comme là-bas, ce ne serait pas possible bien sûr. Mais quand même, on mettrait nos plus beaux caftans, nos takchitas, ces surcots de gaze brodées, nos babouches dorées, et nos bijoux massifs. On ferait du couscous, on demanderait au boucher de nous réserver un bœuf, et un mouton, et des poulets. Une semaine avant le mariage, toutes les femmes se mettraient à cuisiner, tous ces petits gâteaux si vite avalés et si long à faire. (more…)

Habiba - 25 lundi 31 décembre 2007 à 09:15

Publié par Marie-Aude in : Habiba, Maroc , 4commentaires

Aziz a décidé de renvoyer Zoubida au Maroc. Tout de suite, pour qu’elle ne fasse pas comme sa soeur, pour qu’elle ne se sauve pas. Une fois là-bas, au bled, elle serait en sécurité, il n’y aurait pas d’aroumin pour lui tourner la tête, et elle pourrait prendre le temps de se trouver un bon mari.

Mais c’était déjà trop tard. Ma Zoubida aussi avait la tête tournée. Et pire encore, mais ça je ne le savais pas encore. Elle a rusé, comme une marrakchia.

Quand son père lui a dit de faire ses bagages parce que le lendemain ils retournaient au pays, elle lui a répondu que ce n’était pas la peine, elle, elle voulait se marier ici, et avec le fils du boucher. Il la regardait depuis longtemps, elle le savait, il lui plaisait bien, alors plutôt que de payer un aller-retour pour la faire revenir se marier ici, et peut-être lui faire perdre les papiers entretemps, il ferait mieux d’aller s’entendre avec son ami, et voir quand ils pourraient être unis. (more…)