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Coteletta de pollo con pesto a la marocaine. février 4 2008

Publié par Marie-Aude in : Cuisine, Maroc , rétrolien

C’est très simple… on commence par une de mes nièces, qui a été brusquement rapatriée d’Italie au Maroc cet été, à sa demande rassurez-vous âmes sensibles, il ne s’agit pas d’un mariage forcé ou de tout autre truc de ce genre ; mais le fait est qu’elle a quitté papa-maman, les copines et son pays d’adoption depuis maintenant sept mois, et que pour certaines choses ça fait long.

On continue avec moi, et avec une discussion sur la cuisine italienne, les pasta al pesto, et les coteletta de pollo (j’ignorais que le poulet avec des côtelettes, mais bon…) et devant les yeux brillants de ma nièce, je décide de lui faire quelque chose.

“Facile”, suffit de trouver du basilic.
“Mon chéri, tu peux me ramener du basilic du souk ?” (Moi j’aime bien que les hommes berbères aient l’habitude de faire les courses pour leur femme…)
“Du ???”

Arghhh… c’est justement le jour où Wikipedia décida de tomber en panne au Maroc. Or dans ces cas-là, ma méthode est de trouver la page Wikipedia en français, de cliquer sur le petit “العربية” dans la colonne de gauche et de dire “Bilaaaaal comment tu dis ça ?” et de noter ensuite soigneusement la prononciation phonétique. Quand maken arabiya, ken mouchkil (quand y’a pas d’arabe, y’a un problème). C’est parfois un peu moins simple que ça, mais en général c’est efficace, et pour les besoins quotidiens, ça suffit.

En l’absence de Wikipedia, un tour sur les forums (d’abord pour me renseigner sur la censure) me permet d’entrer en contact avec un marocain ayant l’accès, qui m’explique gentiment que basilic = rayhann.

‘Ah mais j’en ai du rayhann…attends”. Vi mais du basilic séché, et très fort. Pas vraiment l’idéal pour un pesto. J’ai même un léger doute, tellement le goût est différent du frais.

Le lendemain on mène l’enquête au marché. L’herboriste me montre le rayhann rouge, et là, oui, maken doute, c’est bien la forme des feuilles de basilic.

Va falloir improviser.

Donc, voici ma recette de pesto alla maroccine :

Ne pas se laisser impressionner par l’armée de nièces qui arrivent pour “voir comment on faire la cuisine italienne”.
Demander à Bilal de leur expliquer que, vu les circonstances, ça va pas vraiment être italien, juste “inspiré”.
Mettre nièce numéro un à la préparation de la sauce tomate, expliquer à nièce numéro deux que même si le sol de la cuisine n’est pas nickel à ses yeux, c’est pas le moment de laver à grande eau pendant que tout le monde piétine dans la cuisine.

Demander à Bilal de traduire à nièce numéro deux.

S’étonner qu’on puisse dire tellement de trucs en berbère pour une simple petite phrase.

Préparer la sauce des pâtes :

Passer à la préparation du poulet :

La sauce des pâtes étant prête, faire bouillir l’eau et faire cuire les spaghettis, al dente.
Demander à nièce numéro deux, qui était celle qui était sous la main, de mettre la table.

Apprendre qu’il faut attendre nièce numéro quatre et ses parents.

Expliquer que pas possible, le poulet encore ça peut se réchauffer, mais pas les pâtes. (Enfin si, mais pas avec mon équipement).
Décider de laisser de côté un peu de poulet, de la sauce, et de refaire des pâtes.
Manger avec les présents.
Tout ranger.
Accueillir une heure après nièce numéro quatre et ses parents, apprendre qu’ils ont dîné.

Ils ont quand même fini le poulet !

La prochaine fois qu’on revient au Maroc, apporter des graines de basilic.

Commentaires»

1. Dans le désordre | Trassagere - 15 octobre 2008

[...] la vendeuse, si c’est le moment de planter, le climat est différent au Maroc. A moi le basilic frais, l’aneth, la bourrache, la sauge et même la [...]