De l’art de dire sans dire, ou l’auto-promotion hypocrite septembre 10 2008
Publié par Marie-Aude in : Féminisme , rétrolienOn en parlait chez Larbi, il est quelqu’un pour qui je n’ai aucune sympathie, quoi qu’une certaine admiration.
A regarder de plus près le jeu médiatique récent, mon admiration grandit, et ma sympathie tombe encore plus bas.
Vous prenez donc une “pauvre femme” sur laquelle les medias ont beaucoup parlé, rarement en bien, qui s’est mis à dos la majeure partie de ses services, et notamment à cause de son amour des medias, et de certaine série de photo, en bas résille, bottes à haut talons et robes de grand couturier, qui n’avaient certes rien à voir avec sa fonction.
Cette pauvre femme, donc, maltraitée par les medias, a un petit ventre rebondi, et ne peut plus le cacher.
Elle “annonce” donc l’évidence, et réussit une superbe muleta, un roulement de cape qui détourne les regards de tous.
Admirez donc la différence entre ces deux phrases :
“C’est ma vie privée et j’entends qu’elle le reste”
ou
“J’ai une vie privée compliquée et c’est la limite que je me pose vis-à-vis de la presse. Je ne dirai rien là-dessus”.
De l’art de dire beaucoup sans rien dire. Car dire que c’est compliqué, c’est ouvrir une porte, une invitation à regarder par le trou de la serrure, à essayer de savoir pourquoi c’est si compliqué. La première phrase est factuelle, sans insinuation, ferme et définitive.
En allant plus loin dans l’analyse, vous remarquerez aussi la différence entre “j’entends qu’elle le reste”, qui est général, et peut même sous entendre qu’on prendra les mesures adéquates (extrêmement facile à certains postes), si cette vie privée le devenait un peu moins, et la deuxième phrase : “je ne dirai rien” ne veut pas dire “rien ne doit être dit”, “les limites que je me pose” ne veut pas dire “les limites”, et on irait un peu loin en lisant entre les lignes une déclaration qui serait :
“J’ai une vie privée compliquée mais très intéressante. Je ne peux rien dire, mais si vous avez des choses à raconter, allez-y”.
Non, vraiment je ne l’aime pas.


Commentaires»
Comme je le disais, je crois bien chez Larbi, cette “pauvre femme” - en l’occurence Mme Rachida Dati pour ne pas la nommer - est l’incarnation féminine de la France à la sauce Sarkozy!
Fille d’immigré, sefmadeweman qui ne recule devant rien pour se faire sa place, prête à travailler beaucoup plus pour gagner un peu plus, plus bling-bling que son modèle-patron, adoratrice des médias qu’elle est prête à brûler à la première ocasion pour mieux les utiliser, Rachida Dati ne doit pas nous étonner par son comportement.
Elle est la France telle que l’imagine Sarkozy : sans état d’âme, sans culture, sans passé, juste des résultats, juste le tape-à-l’oeil, juste le paraître!
Excellente description :)
si le bébé porte les gênes d’Aznar comme on a raconté dans la presse, Dati porte dans son ventre le futur président des années 2050 !
Oui mais de quel pays ? L’Union méditerranéenne ? :)
De même, je n’éprouve aucune sympathie pour cette femme, seulement le respect dû à tout être humain. Et si je dis que je ne l’aime pas, ce n’est à cause de préjugés ou d’ a priori, mais à cause des nombreuses émissions où je l’ai vu participer. Et force est de constater qu’elle est antipathique. Elle répond aux questions l’air ferme, les yeux foncés, et d’une voix tranchante. Elle ne sourit pas, n’accepte aucune plaisanterie. Mais, et c’est ce qui m’agace le plus, elle “tourne autour du pot”. Bien entendu, les politiques le font tous, mais elle, elle en abuse.
Pour ce qui est de ses manières peu orthodoxes, je ne les connait pas pour la juger sur ce point.
P.S : il n’y a pas qu’elle qui a posé ainsi pour des magazines. Il y a l’autre, dont je ne me rappelle pas le nom qui avait posé couchée sur des pétales de roses. Enfin, quelque chose du genre.
Marie Aude tu veux rigoler ?
Cette pauvre femme était en 1994 pressentie comme “candidate d’ouverture” sur la liste PS des européenne, à la 65 emem palce ou un truc comme ça mais quand même… Elle a été remplacée finalement par unemilitante PS jeune également puisqu’elle avait 29 ans à l’époque…
Quand au reste ben j’attends les potins :D et je me marre en voyant les dessins regroupés dans sarkostique.
Je n’apprécie pas cette personne mais je lui souhaite néamoins une grossesse sereine et qui va à terme, qui sait parfois le passage à l’état de mère change les gens, même si je n’ai guère d’espoir.
“une pauvre femme” dites vous, pourquoi ? Franchement on se demande parfois ou va se nicher la haine et la jalousie ? Finalement vous ne jugez que sur la forme, c’est triste.
Ps. marie-aude vous voudriez qu’elle porte une robe de bure …ou un tchador ?
Quels préjugés, et quels grands mots… tout de suite, la “haine” , la “jalousie”. Je vous rassure, il n’y en a aucune.
Elle porte ce qu’elle veut, du moment qu’elle le fait avec la réserve qui correspond à son poste, et qu’elle ne choque pas par des séances de photo de mode, et une inflation des frais de réception de son ministère pendant que les prisonniers croupissent dans des conditions indignes, qui font que la France est régulièrement condamnée par l’Europe, mais continue à ne rien faire.
Je crois que ça s’appelle “la tenue” et “la discrétion”.
Ah oui, quand on exerce un métier de représentation, et ministre en est un, la forme fait partie du fond.
@ MARIE-AUDE,
il y a bien de la méchanceté qui se dégage de tes propos ! Un Ministre n’achète pas ses habits aux frais de son Ministère ou de l’Elysée !
C’est vraiment…..
Il faudrait voir à comprendre…
1- la réserve, la “tenue” au sens de la dignité, cela couvre bien d’autres choses que les dépenses de l’état. Cela couvre, quand on est à ce genre de postes, la capacité à un zeste d’austérité, sans doute plus nécessaire qu’à un(e) ministre de la Culture, ou de la Recherche, simplement parce que le/la Garde des Sceaux est censé ne pas choquer les petites gens, ou les avocats qui sont payés à des tarifs dérisoires pour les astreintes, ou les personnels judiciaires réduits à acheter leurs fournitures sur leurs deniers propres. Sans parler, puisque ce sont des affreux vilains coupables rebuts de la société, des détenus qui croupissent dans des conditions ignobles, ou des prévenus (toujours présumés innocents, rappelons le), qui passent jusqu’à un an en préventive à cause de l’engorgement des tribunaux, et qui peuvent même ressortir acquittés, ou sur un non lieux…
2- la tenue, c’est aussi, par exemple de ne pas tituber à une réception publique…
3- la tenue, la décence, c’est de ne pas exploser en un trimestre le budget petits fours annuel de son ministère, et “même si” ce n’est pas ça qui permet de rénover les prisons, c’est simplement montrer qu’on s’applique à soi même la rigueur qu’on demande aux autres.
Il n’y a pas de méchanceté à ne pas apprécier son comportement, et je ne lui réserve pas mes critiques de la politique bling-bling.
Il ne s’agit pas de méchanceté, il s’agit d’une opinion politique.
En matière de riches, je préfère les Leclerc aux Bolloré, et les Bolloré aux Tapie. En matière de femme politique, je préfère Aubry à Royal, et Merkel à Aubry. Où est la méchanceté ?
Alors pourquoi, par quelle solidarité étrange, m’accuser de méchanceté uniquement quand je parle de R. Dati ?
Et surtout, pourquoi, au lieu d’argumenter, utiliser le vieux tour de passe d’attaquer les motivations ? Votre partialité est amusante, finalement…
@ MARIE-AUDE,
En fait, c’était bien la première fois que je me suis trouvé sur votre blog et en le parcourant, je tombe sur là ce billet qui me fit rappeler vos commentaires sur le même sujet déjà suffisamment abordé chez Larbi.
Je suis désolé mais je ne vous ai accusé de rien du tout mais c’était juste mon impression suite à ma première lecture de votre analyse dictée par une himalayèsque admiration et un néant de sympathie, d’un titre omniscient et qui se clore par un: «Non, vraiment je ne l’aime pas» !
J’avouerais que vous aviez bien raison dans une certaine mesure mais reste à donner véritable connotation de vos grands termes choisis !
Je m’efforce toujours de comprendre en quoi La Garde Des Sceaux enfreint «la réserve, la tenue, le sens de la dignité, le zeste d’austérité…» par son libre choix du port d’habits qu’elle peut se permettre d’acheter de ses propres moyens…mais en vain !!!
Vous dites qu’elle doit se mettre dans l’obligation de ne pas «choquer» une certaine «couche défavorisée» de la Société…Mais ces derniers ne sont-ils pas plutôt quelque part responsables de leurs situations ? Pourquoi une personne qui a dû bosser durement et gagner ce qu’elle a pu gagner doit s’en priver sous prétexte de ménager certains qui, au lieu de bouger, deviennent envieux et furieux haineux jaloux…dans la majorité des cas ? N’y voyez pas que je détiens des coffrets de diamants…mais «Lhamdoullah» comme on dit chez nous mais c’est ainsi ma conception personnelle que je perçois logique.
Je ne sais pas mais on a bien l’impression que çà vous délecterait de mettre tout Garde Des Sceaux dans un couvent, lui confisquer son propre compte bancaire et armoires…et encore le castrer ou la stériliser pendant la période de son manda pour que vous en soyez satisfaite !
Quand vous parliez du budget annuel dépensé en un trimestre, je vous l’accorde, ce n’est pas du tout normal et là il s’agit bien d’une critique légitime ou «opinion politique».
Il est vrai aussi que les sentiments, choix et goûts personnels ne se discutent pas. Et ceci est bien transposable et valable pour nous tous dans toute chose.
Et puis «ma solidarité» que vous percevez «étrange ?» n’est pas exclusive à R. DATI, elle et tout simplement raisonnable car je suis conscient qu’une personnalité politique ou autre est bien un être-humain comme nous et qu’on a pas à lui dicter une lignée comportementale pour qu’il nous plaise ou s’imisser très indiscrètement dans sa vie privée qu’il souhaite préserver mais seul ses actions dans la fonction qu’il occupe soient jugeables.
Ma partialité ?
M’enfin ravi tout de même que çà vous amuse ! :)
Ce billet est effectivement une réponse à Larbi, et à son “je finis par avoir de la sympathie pour elle”… c’était détaillé de façon plus longue que dans un simple commentaire pourquoi, malgré la ruée médiatique sur elle, je ne la plaignais, et je ne “finissais” pas par avoir de la sympathie pour elle, tout simplement parce qu’elle a déclenché cette cohue médiatique, par son manque de réserve.
Quant à dire que les couches défavorisées sont responsables de leur situation, je vois là un bout de raisonnement ultra libéral avec lequel je suis en désaccord profond. Ne serait-ce que parce que, étant moi même issue des couches “non défavorisées”, j’ai trop conscience de toutes les facilités dont j’ai bénéficié.
Pour prendre une analogie avec les jeux para-olympiques, il y a un athlète qui est sans doute capable de courir avec les valides. Les autres sont ils donc “responsables” de ne pas faire les efforts nécessaires, ou de ne pas bénéficier du même handicap que lui ?
La réussite sociale de Dati est exceptionnelle, et il me semble avoir déjà écrit que je l’admirais.
Je n’ai aucune envie de mettre la Garde des Sceaux dans un couvent… ni de la castrer (et comment donc ?) et elle peut faire ce qu’elle veut de sa vie privée. Je n’ai pas les vindictes que vous me prêtez, décidément vous me prêtez beaucoup de “sentiments” qui ne sont pas les miens. Mon seul souhait est qu’elle et l’ensemble du gouvernement bling-bling que nous avons ne soit pas ré-élu.
Si vous preniez la peine de relire ce que j’ai dit, je lui reproche de faire étalage d’une vie “futile” et de faire une séance de pose qui sied plus à un mannequin qu’un ministre, pendant qu’elle serre la vis à son ministère. Allez donc passer un peu de temps chez Maitre Eolas pour voir comment les magistrats travaillent.
Sont ils responsables de leur propre sort ? Oui, sûrement, ils ont choisi en toute connaissance de cause une carrière de service public, dont ils savent dès le départ qu’elle ne les enrichira pas. Jusqu’au moment où elle décide de ne pas rejoindre une gauche ou un centre dont elle était plutôt plus proche, même dans ses amitiés (que je ne lui reproche pas), madame Dati avait fait le choix d’une carrière privée. Je ne lui reproche pas, mais je lui reproche de ne pas avoir compris la dimension publique, la dimension de service public de sa nouvelle carrière politique.
Elle pouvait s’abstenir de se pipoliser comme elle l’a fait, elle pouvait éviter de se donner le ridicule d’être fimée titubante dans la garden party de l’Elysée (on peut boire trop, il suffit de savoir se tenir droit et immobile le temps que cela s’arrête de tourner… et dans une entreprise, il est recommandé de ne pas trop boire aux pots et fêtes… je connais quelques jeunes cadres qui ont fait la même bêtise et qui ont eux une sévère enguelade), elle pouvait éviter, encore une fois, de poser comme un mannequin, ce qui n’apportait absolument rien à ses tâches de Garde des Sceaux, elle pouvait gérer de façon plus discrète sa grossesse…
Elle ne l’a pas fait, à partir de ce moment là elle doit assumer les conséquences de ses choix, et ne pas se plaindre qu’on l’attaque sur ce qu’elle a jeté elle même en pâture. Je ne m’immisce pas dans sa vie privée, je juge ce qu’elle met sur la voie publique. En tant que citoyenne, électrice, et contribuable, c’est mon doit le plus strict.
Et la meilleure preuve que c’est possible, c’est la discrétion de Rama Yade.
Et si chez vous, qui est un peu aussi chez moi, maintenant, on dit hamdullilah, on n’apprécie pas non plus ceux qui étalent leur richesse. L’opulence, dans certaines positions, doit savoir se faire discrète, se cacher, et le respect est fonction d’autres mérites. C’est en tout cas ce que pratique mon beau-père, qui est illettré sans doute parce qu’il le mérite, et c’est pour cela que je le respecte infiniment.
@ MARIE-AUDE,
Là je vous comprends mieux ! Vraiment je suis bien désolé et je vous présente toutes mes excuses d’avoir mal interprété vos propos au tout début.
Là plutôt vous me faites plus penser à Geneviève DE FONTENAY, de ses réactions lorsque son Elodie GOSSUIN, Miss France et Europe devenue conseillère régionale et qui participe à la ferme célébrité et qui pose pour des magazines… :)
Pour répondre à votre analogie prise sur les Jeux Para-olympiques (et autres dits centres spécifiques de formation…) je suis personnellement contre. Je considère que C’est une grave forme de marginalisation et qui se métamorphose en une sorte de «sectarisme» de ces personnes. Ces personnes, tout degré d’handicape confondu, doivent participer aux Jeux Olympiques. Oui, sans aucun doute ils sont bien responsables de ne pas s’entraîner comme il le faut si bien évidemment le Pays où ils résident leur garanti tous les moyens nécessaires de base…
Enfin, je vous dirais que chez nous est bel et bien chez vous, Madame !
Bon week-end :)
Le grand chapeau noir et blanc en moins, la comparaison me va plutôt bien.
Bon week end aussi :)