Pêchée sur le blog de Michel Onfray, la position de mon candidat le moins favori « de fait, il pense que nous naissons bons ou mauvais et que, quoi qu’il arrive, quoi qu’on fasse, tout est déjà réglé par la nature. »
Position de base de l’eugénisme.
Pas besoin de développer….
Vrai.
Alors que pensez vous de l’usage intensif de l’amniosynthèse, pour éliminer tous les bébés à handicap ?
L’eugénisme indirect ( on ne choisit pas encore les caractéristiques de son bébé, mais on choisit celles dont on ne veut pas ) est déjà là….
Pour être très honnête, le sujet est suffisamment compliqué pour que je ne sois pas encore sûre de ce que je pense réellement. Je continue à réfléchir…
Dans cette réflexion, il y a :
- la différenciation entre l’eugénisme social, du fait de normes imposées par la société, que ces normes portent sur une différenciation sexuelle, sur un handicap physique, ou une soi-disant qualité morale, et la décision privée d’un couple, ou même d’une personne seule, de faire face ou pas à une épreuve lourde. Cette décision devant être prise librement par des adultes éclairés… vous êtes assez fin pour voir tout ce qu’il y a derrière cette petite phrase :)
- le fait qu’il est toujours extrêmement difficile de poser la barre, et de savoir où mettre une limite, mais que, dans un autre sens, l’absolu d’une position est tout aussi arbitraire
- que de la même façon que la limite entre soigner et acharnement thérapeutique peut être perçue différemment selon les individus, on peut aussi se demander si il est sage de profiter des avancées de la technique et de la science pour « forcer la vie » quand elle ne peut être qu’assistée
- que si j’étais confrontée à ce choix, je ne sais honnêtement pas jusqu’où irait mon courage, celui de mon mari, et que ce serait une décision extrêmement difficile, mais que je comprends qu’on puisse ne pas se sentir capable mettre au monde et d’élever avec amour des enfants à pathologie lourde et mortelle, et qu’en tout cas c’est une affaire de conscience personnelle que je me refuse totalement à juger.
- qu’il est tout à fait dommage que ces techniques puissent être appliquées à des défauts légers, ou tout simplement pour le choix du sexe de l’enfant
- que malheureusement, cet eugénisme là existait depuis des siècles, il suffisait de baigner un peu trop longtemps, de ne pas pourrir assez, de ne pas couvrir assez le nourrisson, souvent la nourissonne, dont on voulait se débarasser, et que sur mon échelle de valeur, c’est un crime bien plus grave.
- que l’église a évolué sur sa position quant à l’âme du foetus, il fut une époque où le foetus recevait celle ci à trois mois, une autre à trois semaines… bref, on reparle de l’infaillibilité de la doctrine ;)
- qu’en tout état de cause, il y a une énorme différence entre un choix personnel, et une position de principe d’un membre d’un gouvernement….
« cest une affaire de conscience personnelle que je me refuse totalement à juger. »
Tout à fait d’accord avec vous, je ne fais que juger l’acte pas la personne.
Il s’agissait plus de connaitre votre position.
Quant à la mienne, il ne faut pas être grand clerc pour savoir ce qu’elle est. En outre, les positions liées à la vie ne proviennent pas de ma religion. Je connais des athées contre l’avortement. Mon raisonnement s’appuie ici sur la politique familiale d’un pays, sur les aides qu’il convient d’accorder aux mères en difficulté, et sur le fait que les bébés sont rarement des aliens, qu’ils ne sont responsables de rien, ils n’ont pas à subir les conséquences des conneries de leurs parents…