Deux choses que j’ai entendues cette nuit… octobre 8 2008
Publié par Marie-Aude in : Politique , rétrolien“America is the greatest force for good in the world” et “Nuclear is clean and safe”.
Deux énormités dans la bouche de McCain.
Je n’avais pas conscience du poids du problème énergétique pour les Etats-Unis. Welcome on board, chaps, nous ça fait depuis 1973, et vous le découvrez maintenant (un peu comme vous avez découvert en 2001 le terrorisme, qui nous frappait depuis si longtemps… je me souviens encore de ma peur, pendant ma visite de Tati un jour de septembre 1986).
Le côté “We are the good”, ça c’est un fondamental chez eux, et ça ne se corrige pas en campagne électorale.
Mais si on pouvait éviter d’avoir toute une industrie courant comme des dingues pour créer des déchets nucléaires “French clean them” qu’il dit (sous entendu, si même eux ils y arrivent…) mais non ducon, on ne les nettoie pas, on les enterre, en espérant que ça ne va pas exploser, on ne sait pas fermer nos centrales, on ne sait pas comment assurer à long terme la sécurité de nos entrepôts de déchets…
Si les républicains sont élus, dans vingt ans, en retard, comme d’hab, l’Amérique découvrira que le nucléaire est plus que sale.
Quand même, entendre McCain dire sérieusement “We have to develop nuclear, we have to leave a clean planet to our children”, ça fait froid dans le dos…
Bref, comme disent les Marocains, McCain’sh (allez voir l’explication chez Larbi, qui est revenu…)


Commentaires»
McCain’sh et… à bas Bush :-)))
Bon, je sais, je remonte dans ma chambre !
La nuit faut dormir et ne pas écouter les gens qui disent des bétises…
Plus sérieusement McCain et sa comparse ne m’inspirent pas du tout confance pour les USA mais comme nous en France on doit faie avec ce qui a été élu eux aussi devront se débrouiller avec ce qu’ils auront, esperons simplement quele choix sera bon car ils sont un peu envahissants quand ils font des conneries…
Bon.
Pour le nucléaire, il ne faut pas aller trop vite, ni dans la terreur ni dans l’angélisme. Et peu à peu la question des déchets progresse, très et trop lentement contrairement aux affirmations rassurantes, mais bel et bien progresse contrairement aux affirmations apocalyptiques.
Certains déchets très actifs vont le rester des centaines de milliers d’années; ils peuvent se disséminer, ils peuvent ressurgir (on ne sait comment mais ils peuvent), ils peuvent être abandonnés n’importe où par les indifférents de service. Mais ils n’exploseront jamais.
Le travail consiste à réfléchir de toute notre force à tous les scénarios possibles; il faut placer un grain de sable dans chaque scénario pour l’interrompre, pour qu’il ne puisse même s’enclencher. Mais tous les scénarios ne seront pas connus ni supposés, quand bien même on triplerait les équipes avec des cerveau tordus et débridés d’imagination fertile. Alors il faut aussi avoir une réserve de grains de sables, une capacité de veille permanente, même pour cent mille ans, et il faut continuer de checher et travailler dur.
Ceux qui s’opposent auc travaux de recjerche fondamentale qui permettront un jour de circonscrire les dangers, car ils ne seront jamais annulés contrairement à ce qu’on nous prétend, sont aussi nuisibles que ceux qui prétendent que les dangers seront annulés.
Juste un exemple: de toute l’histoire de la terre, on sait qu’un sol enfoui à plus de cinq cent mètres de profondeur n’a pu se trouver exhumé qu’au bout de cycles géologiques compté en dizaines de millions d’années, y compris dans les période dites de grande agitation: plissement alpin, tempête hercynienne. Même la chute de la météorite géante d’il y a 63 millions d’années et ses répercutions d’ébranlement n’a pu aboutir à un tel phénomène, y compris dans ce qui deviendra le Golfe du Mexique.
Ne nous faisons donc pas peur inutilement et préoccupons-nous de ce qui est vraiement utile, de ce qui est vraiment nécessaire, tentons de voir le plus loin possible, et franchement, au delà de mille ans, peut-on vraiment honnêtement, même sur le plan moral, se poser des questions?
Là est le vrai sujet. Peut-on se poser des questions sur notre responsabilité de ce que deviendra l’humanité au delà de mille ans? Parce que, aujourd’hui, cette échelle de temps est maîtrisable techniquement, et que les scientifiques ne valent pas plus cher que les autres pour ce qui est des comportements humains, mais pas moins non plus.
Vaste sujet, où il faut apprendre à se poser les bonnes questions avant de condamner ou de bénir.
Voilà j’ai fini. Il me reste à préciser que sur cette matière comme partout ailleurs, les propos de McCain sont dangereusement irresponsables, et que sa politique en matière nuclaire sera à l’image de sa désinvolture, sera tout sauf une politique prudente et réfléchie.Tout est dit, lorsqu’il dit que les français le font bien.
Sauf qu’il dit involontairement la vérité ne croyant pas si bien dire: les français le font bien, non pas laver les déchets, mais s’en préoccuper très sérieusement, et peu à peu proposer, expérimenter, et au bout du chemin trouver des solutions provisoires certes, à mille ans quand même.
Mon Dieu que c’est long.
Pardonne moi. Je n’avais pas réalisé être si prolifique avant de poster.
Mac Cain est un sinistre crétin qui répète bêtement ce que ses “conseillers” lui soufflent ….
Et heu… personne ne se souvient plus de Three Miles Island là bas ?
@Andrem, je suis tout à fait d’accord avec toi, il ne faut pas “tout arrêter” sous prétexte qu’on a peur, surtout quand on a déjà commencé, comme les Français, qui sont effectivement techniquement plutôt bons….
Néanmoins, je pense que le nucléaire n’est pas sûr à une échelle nettement moins lointaine que les mille ans.
Un nucléaire relativement “sûr”, dépend d’un état fort, stable et suffisamment argenté pour ne pas être obligé de faire des coupes sombres dans les budgets.
Or nous vivons dans une douce euphorie, un mol endormissement, une étrange conviction que ce qui se passe chez les voisins d’à côté ne se passera jamais chez nous. Que les soubresauts politiques des Balkans, de l’Afrique du Nord et de l’Orient n’arriveront jamais chez nous, qui avons tout compris et qui ne feront pas la guerre, la dernière fois c’était la dernière. Et bien sûr, nos centrales sont tellement sûres, jamais un avion suicide ne pourra s’empaffer dedans comme dans le WTC…
C’est comme la stabilité administrative, il faut voir ce qu’on est capable de ‘laisser faire’ en termes de dégradation en 50 ans dans les anciennes mines. Or les radiations ne se voient pas, les radiations c’est du long terme, on peut “oublier” pendant un an ou deux.
Le risque du nucléaire est moins technique que politique.
Et c’est pour cela que je préfère la position d’Obama “nucléaire, et éoliennes, et solaire, et ceci et cela” à celle de McCain, “drill, drill and nuclear”.
Tu vois que moi aussi je suis prolixe.
@hmida, vi, heureusement ses conseillers n’ont pas l’air trop intelligents non plus.
@Concombre… ils ont aussi oublié 1929
@Altaïr, oui, et puis ils font des grosses conneries. Je suis sûre que le nôtre voudrait être aussi encombrant ….
@Yves dans le genre j’avais trouvé un dessin assez génial, une femme américaine qui disait “the only Bush I trust is mine”
Bonsoir Marie-Aude.
Un dernier long mot avant la nuit.
Le risque nucléaire est en effet plus politique que technique. Et les meilleures garanties de sureté sur mille ans ne valent pas cher en face des rodomontades et des violences, en face des certitudes de tous, les pour et les contre.
On entre ici dans une spéculation qui me semble impossible à structurer. Alors j’en resterai provisoirement au seul domaine dont nous parlions, celui des déchets. J’évite par exemple le cas d’un boeing contre un réacteur, bien que la réponse soit assez simple. Mais devant la complexité générale et le risque de tout confondre, la réflexion se doit d’isoler les questions, le bon vieil Aristote que je n’aime pas et qui pointe sa barbichette, utile en cas d’urgence quand même.
Alors isolons nous ici au seul cas des déchets, qui est peut-être le plus important sur le long terme, et qui est l’angle d’attaque le plus pertinent pour qui s’inquiète de l’usage des rayonnement ionisants dans la vie de tous les jours.
Les déchets de faible activité ou de courte période (disons inférieure à cinquante ans) sont vitrifiés. Ce confinement est passif et ne nécessite aucune surveillance ni entretien, hormis la malveillance dont les conséquences par épandage ne seront pas pire que toute malveillance par d’autres voies chimiques ou bactériologiques.
Si l’anarchie en est à ce point, il me semble que le souci de survie de chacun sera d’un autre degré que la peur d’une éventuelle pollution radioactive légère.
Je suis partisan, en ce qui me concerne, d’une immersion dans les grandes profondeurs océaniques, ce qui est une réponse au risque de malveillance ou d’anarchie et dont la dissémination future sera assez lente pour que la radioactivité soit revenue au niveau de la radioactivité naturelle moyenne.
Quant aux déchets de très grande activité ou de très longue période, l’enfouissement terrestre à grande profondeur reste la moins dangereuse des méthodes. Non pas sûre et certaine, mais la moins dangereuse. Bien entendu, il importe d’avoir vérifié le comportement du sol après radiation intensive, et sa transformation par forte élévation de température, il n’est pas question d’enterrer n’importe où. Et qui dit grande profondeur dit au moins cinq cents mètres.
Ce travail est en cours et montre que les sols argileux très profonds du bassin parisien répondent de façon très satisfaisante, y compris en ce qui concerne la cuisson et l’étanchéité. Alors, même en cas d’abandon pour cause de destruction massive, d’anarchie totale et de perte de tout repère de la zone, le confinement restera. La pérennité passive est une donnée essentielle pour valider la technique; le devoir de surveillance dans un monde structuré, et le droit à l’oubli possible.
Quelle est notre situation actuellement et qui perdure puisque rien n’est fait: les dépôts actuels sont en piscine à La Hague, sans cesse refroidies sous peine, en quelques heures de voir l’eau bouillir, s’évaporer, et les barres usagées fondre sous leur propre chaleur. Solution provisoire qui me terrifie et qui pourtant reste maintenue tant que l’opinion publique refusera l’idée de l’enfouissement.
Effet pervers de certains combats écologiques mal digérés, plus aucune population n’est prête à accepter un tel enfouissement 500 mètres sous ses pieds. Alors, pendant ce temps, on refroidit en dépensant du courant dans la belle eau bleue de La Hague, en priant qu’aucun boeing ne s’y détourne, et on continue de construire des piscines, dont on sait qu’elles ne dureront pas cent mille ans, ni même mille, ni même cent.
Je ne sais pas ce que sont les solutions définitives sûres et certaines. Je sais ce qui est une solution plausible, et ce qui n’est pas du tout une solution.
Tu as tout a fait raison de remettre les choses dans une perspective raisonnable et scientifique, et l’enfouissement est largement préférable à la situation actuelle.
En même temps, les craintes des habitants sont compréhensibles, on leur a tellement menti, sous estimé les risques, je me souviens d’un nuage arrêté par les frontières… que la confiance a complètement disparu dans ce domaine.
C’est pour cela que, pour en revenir à McCain, le “tout forage tout nucléaire” avec une présentation aussi simpliste que la sienne, me terrifie.
Je crains aussi, pour être honnête, que nous finissions par faire avec nos déchets nucléaires comme nous faisons avec d’autres déchets : les exporter vers des pays qui ont des urgences à court terme, et qui accepteront une manne financière, en échange d’un risque qui nécessite une technologie avancée et une stabilité pour être correctement géré.
Bonsoir Marie-Aude.
Ces échanges me conviennent. Nous pourrions poursuivre longtemps. J’essaierai un jour de le reprendre dans un de mes blogues, bloghumeur sans doute, avec un chouïa de recul. L’approche technique et l’approche humaine ne peuvent se dissocier l’une de l’autre, et permettent d’éviter de sombrer dans les anathèmes qu’on entend de part et d’autre. Il faudra que j’approfondisse cette double nationalité là.