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Le mini-traité, l’Allemagne, la Pologne, la France, l’histoire et les différences culturelles dimanche 24 juin 2007 à 15:37

Publié par Marie-Aude in : Allemagne, Culture et religions, Europe, France , rétrolien

Je lis de-ci de-là que l’antagonisme entre la Pologne et la France remonte à la seconde guerre mondiale, chez Koz que l’Europe est bien nécessaire puisqu’elle a pu panser les plaies entre la France et l’Allemagne en moins de 50 ans elle devrait arriver à le faire aussi vite avec la Pologne…

Voir les choses ainsi, c’est faire fi de l’histoire, et aussi des différences culturelles profondes entre l’Allemagne et la Pologne.

L’histoire d’abord.

La France, en tant que pays n’a jamais souffert de la part de l’Allemagne la même chose que la Pologne. Que ce soit pendant la seconde guerre mondiale (la Pologne a été annexée, à la différence de la France simplement pccupée, martyrisée… sans oublier les camps de concentration), ou avant. Depuis l’époque des Chevaliers Teutoniques, l’Allemagne, la Prusse considèrent la Pologne comme une terre saxonne, leur revenant de plein droit. C’est un roi Polonais qui arrête les Turcs devant Vienne, sauvant ainsi les Habsbourg qui, un siècle plus tard, dépèceront la Pologne. Car la Pologne a été purement et simplement oblitérée de la carte, jusqu’en 1918, où elle renait grâce à l’effondrement de l’empire austro-hongrois.Malgré nos guerres fréquentes, la France n’a jamais subi autant de la part de l’Allemagne. Et dans la seule région qui ait connu, sur une courte période, un traitement semblable, l’Alsace-Lorraine, les plaies ne sont pas aussi bien refermées qu’ailleurs en France. Je connais beaucoup de lorrains qui refusent encore d’apprendre à parler allemand… et beaucoup d’Allemands qui s’en étonnent, puiqsu’on a fait la paix.

Car c’est l’autre dimension des difficultés d’Angela Merkel avec la Pologne. En bonne allemande, Angela Merkel est rationnelle, efficace et peu émotive. Je me souviens encore des exaspérations de nos grands patrons fra$ichement arrivés d’Allemagne ) la tête de notre filiale française devant notre émotivité, notre affectif, nos bruits de couloirs, notre façon “irrationnelle” de travailler (irrationelle, certes,mais quand même une des meilleures profitabilité du groupe). A cet égard, les polonais sont des latins du nord, avec les mêmes défauts que nous. Il faut nous cajoler, nous rassurer, nous valoriser, nous écouter nous plaindre en nous disant que nous avons bien raison.

Quand je me plains, un allemand me répond “mais c’est comme ça”. Je sais bien que c’est comme ça, c’est même pour ça que je me plains. Et je sais bien que je ne peux rien y changer, je demande juste de la sympathie. Aspect affectif et émotionnel (presque) totalement absent des relations de travail.

Les jumeaux polonais avaient beaucoup plus dans leur besace qu’une crainte du futur poids politique de l’Allemagne dans l’Europe. Ils avaient des siècles de ressentiment, de lutte, et par dessus tout ça une relation que j’imagine difficile avec Angela Merkel. L’intelligence de celle-ci a été de faire appel à Nicolas Sarkozy, dont le style de communication, la chaleur (je ne l’apprécie pas mais il faut quand même reconnaître ce qui est) et sa qualité de français, c’est à dire de président du pays qui a le plus aidé la Pologne au cours des siècles, était la meilleure recette pour remettre un peu d’ordre dans leurs plumes ébouriffées, un peu de miel sur leurs plaies, et les ouvrir, ensuite, à la raison.

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Commentaires»

1. Pierre-O - 25 juin 2007

Comme tu le sais, ayant du sang polonais dans les veines par ma mère, nous dans la famille on s’est toujours dit, dès lors que la Pologne rentrera dans l’Europe, ça va être le bazar le plus total parce que 40 ans de communisme primaire ont forcément eu pour effet de radicaliser tout ce que ce communisme primaire exécrait avec fanatisme (religion, individualisme, “systèmes de profit” - pour faire simple - …etc). Résultat on a débouché sur une société super traditionnaliste, limite intégriste catho et avec à la tête de l’état deux mongols libéralistes forcenés qui ferait passer Bush pour Gremetz… donc la Pologne, “fort” de son histoire terrible en effet (et il est clair qu’il soit idiot de voulior comparer France et Pologne dans le “martyr” qu’a pu subir une nation) a des raisons de réclamer, de proclamer qu’ils en ont un peu marre de se faire truander aux yeux de l’histoire ; cela dit, c’est pas avec la paire de branquignoles qu’ils ont élus et la société que ceux-ci dessinnent petit à petit en Pologne qu’ils vont obtenir gain de cause.

Je me rappelle mon père partir en Pologne dans le début des années 90 pour apporter des médicaments et tisser des liens avec ce pays d’où était originaire la famille de sa femme, je pense qu’aujourd’hui il se retournerait dans sa tombe aussi à voir notamment une nouvelle génération polonaise qui se vautre dans un nouvel antisémistisme, une homophobie sans nom et un intégrisme des plus malsains. La Pologne, certes, a énormément souffert, pris dans l’étau germano-russe, mais aujourd’hui il faut aussi qu’elle fasse un peu son examen de conscience, par sur ses plaies du passé mais sur les risques du futur… ce pays prend une tournure qui ne me plaît guère…

In fine, j’ai envie de dire : merci Hitler, merci Staline… pour moi la place de la Pologne est essentielle en Europe puisqu’elle cristallise en effet tous les maux, tous les ressentiments de l’histoire européenne… seulement, ce côté fanatique à toujours vouloir aussi un peu exhiber son malheur pour demander tout et n’importe quoi ne me plaît pas, puisque la Pologne aujourd’hui, sans vouloir faire dans la caricature, (et donc par la nouvelle génération) est un terreau d’intolérance (religieux, social etc…). Il faut les sortir d bourbier mais je ne suis pas sûr qu’avec des jumeaux pareils, on y gagne… il y a un vrai problème “identitaire” dans ce pays qui grandit sûrement un peu trop vite même si l’on ne peut que se réjouir qu’enfin on les entende un peu les Polonais… n’en déplaisent aux Allemands qui ne sont pas habitués à les écouter.

2. Marie-Aude - 25 juin 2007

Le pire dans tout cela - car la situation que tu décris est vraie - c’est que la Pologne, jusqu’à son dépeçage, a été un hâvre de tolérance religieuse.
Forçant la France à adoucir son traitement des huguenots pour qu’Henri de France soit autorisé à devenir roi de Pologne, royaume commun avec les Lithuaniens, dont la capitale, Vilnius, avait autant de synagogues que d’églises…
Le déclin de cette tolérance a commencé avec une invasion ‘une de trop) par les protestants suédois. Et l’éradication des populations juives pendant la deuxième guerre n’aide évidemment pas à lutter contre l’antisémitisme. Quand l’autre est un fantôme lointain, tous les délires sont permis.

Je n’idéalise pas non plus la Pologne d’autrefois, mais jusqu’au XVI°, c’était un pays plutôt ouvert, tolérant, qui s’est peu à peu crispé sous les coups de boutoir extérieurs, et tout ce que tu décris. On arrive aux aberrations des jumeaux, et il semble qu’il y ait peu d’alternatives.