Le vélo, le tour, la triche jeudi 26 juillet 2007 à 23:23
Publié par Marie-Aude in : Coup de gueule , rétrolienC’est facile de crier haro sur les coureurs qui se dopent, sur les voleurs qui sans effort s’emparent d’une victoire justement dûe aux purs, aux propres, qui eux ne prennent rien.
C’est ce que dit Versac, par exemple, “Sauf que c’est pas ça, le sport,et les gamins le savent. Gagner une course, c’est se battre contre sa fatigue et sa douleur, travailler avec ce qu’on peut faire. Ce que tu as fait, Michael, c’est du vol.”
Soyons réaliste un petit instant. Le mec qui serait capable de s’envoler en tête du Tour de France par la seule magie des produits chimiques, sans effort, sans peine, sans douleur, n’existe pas. La dope, ça fait courir le Tour 5 à 10 kms/heures en moyenne de plus avec que sans. Mais, dans ce monde du cyclisme totalement pourri où la plupart sont contrôlés positifs, il ne faut pas oublier que le mec qui transpire et s’envole grâce à son EPO, a quand même passé des heures et des heures, semaine après semaine, mois après mois, années après année, à s’entraîner sur son vélo. Qu’au début, quand il était jeune, gamin, inconnu, il ne se dopait pas. Qu’il a développé des muscles qu’aucun des censeurs en fauteuil devant leur poste télé ne sont capables d’avoir. Que l’EPO ne protège pas contre le soleil, le vent, la pluie. Ni contre les dérapages, les chutes, la peur au ventre quand on va trop vite dans les descentes… ça permet d’aller très vite l’EPO, mais aux dernières nouvelles, ça ne met pas un petit tricycle stabilisateur sur la roue arrière.
Que les Bidochons tranquillement amassés le long des routes, claquant leur champion pour l’encourager, au risque de le faire tomber, justement, demandent du spectacle, encore du spectacle, plus vite, toujours plus vite, plus rapide.
Alors oui, la dope c’est mal.
Mais les plus coupables, ce ne sont certainement pas ces gamins qui entrent dans le système, poussé par des directeurs sportifs et les médecins, les soigneurs qui les fournissent, les coachs qui ne se posent surtout pas de questions sur l’amélioration des performances, les entraîneurs qui les poussent toujours plus loin.
Le Tour roule plus vite qu’il ne le ferait s’il n’y avait pas de dope. Toutes les autres courses aussi. Le Tour est sans doute le seul à vraiment mettre des contrôles en place. Comment faire alors ? Arrêter de se doper avant le Tour, recommencer après ? Avoir une course moins spectaculaire ?
Le Tour et les autres courses roulent trop vite. Mais ceux qui arrivent en tête ne sont pas dans un fauteuil. Et en plus ils y jouent leur santé.
C’est vrai ce n’est pas ça le sport. Ce n’est pas la dope. Ce n’est pas non plus les retransmissions TV vendues à prix d’or, les sponsors qui améliorent leur image de marque grâce à ça, la foire de la caravane, les énormes salaires des vedettes.
Au fait, ils font des contrôles anti-dopage dans les match de tennis ?
Tags: Coup de gueule, sport, Tour de France


Commentaires»
Pour le tennis il y’en a aussi… Dans le foot je crois pas. Mais il faut pas se faire d’illusion, le Velo n’est pas plus pourris que les autres sports. C’est juste qu’on en parle pas.
Tant que des pays comme l’Espagne (pour parler de ce que je connais) croira (ou voudra faire croire) que leurs cyclistes ne sont pas dopés, qu’Indurain a tout gagné en mangeant des carambars et en sifflant des Perrier, on est mal. Un des plus grands journaux sportifs espagnols (Marca) a osé titrer au lendemain de l’éviction du “méchant” Rasmussen, et donc au moment où un espagnol a pris le maillot jaune à sa place : “Le maillot jaune le plus sérieux de l’histoire”… rien que ça ! Le maillot jaune le plus sérieux (c’est-à-dire “porpre” pour les médias espagnols) est Alberto Contador qui, il y a à peine 3 mois, était cité dans la plus grande affaire de dopage du siècle, ladite “affaire Puerto” qui a fait plongé Jan Ullrich… alors tant qu’on sera au bal des faux-culs dans les autres pays il ne se passera rien. Seuls les Français (depuis une dizaine d’années) ont pris le dopage à bras le corps : résultat plus un Français n’est en mesure ne serait-ce que de paraître sur le podium du Tour ; en revanche, les Espagnols ça marche à fond… et j’adore quand cette “coicindence” est expliquée par les médias espagnols par l’excellence de la formation espagnole…
Il y a quelques années, avant que les institutions françaises ne prennent vraiment le dopage au sérieux, on voyait Jalabert tout gagner, Virenque s’illustrer etc…
La nouveauté c’est qu’enfin d’autres pays se mettent à comprendre que ça n’est plus productif de se doper ; ce qui avant faisait gagner devient une honte… On peut citer l’Allemagne qui semble enfin avoir pigé, l’Italie commence un peu aussi à fourrer le nez dans ce qui sent mauvais… seuls les Espagnols (et les US évidemment) ne réagissent pas et comme par hasard : ils gagnent !!!
L’hsitoire du cyclisme à haut niveau s’est forgé sur le socle du dopage… Anquetil, Merckx et Cie étaient déjà dopés à l’époque où on ne détectait rien… Simpson en est mort en 1967 et ça n’avait déjà fait réagir personne. La seule solution serait de ne pas courir le Tour en 2008 pour essayer de faire réagir tout le monde et que oui, on s’intéresse un peu aux autres sports puisque le vélo prend tout sur la gueule, ce qui arrange tout le monde…
D’accord avec toi pour aussi reconnaître que EPO ou pas, ces mecs sont quand-même à la base de sacrés sportifs qui connaissent la douleur, goût de l’effort etc… moi avec de l’EPO et des hormones de croissance je pourrais pas faire le 1/4 de ce qu’ils font et ils méritent aussi qu’on les soutiennent un peu… de là à tout leur excuser : non, parce qu’à partir du moment où tu es prévenu tu es le seul responsable de tes actes, une conscience peut te faire dire non à un médecin pourri, à dire non à un manager etc… ce qui a changé récemment c’est que justement maintenant entre coureurs on ose parler ouvertement du dopage, ce qui n’était pas le cas il y a encore 5 ans où il y avait une omerta terrible. Et je suis content (car chauvin !) de voir que c’est mon pays qui a mis le nez dans la merde, qui n’hésite pas une fois de plus à aller à contresens… Bordel, ce que c’est con un Français mais ça serait moins drôle sur la planète si on était pas là ! Cocorico… :D
La chance des Français, c’est qu’ils ont un peu de poids quand ils mettent les mains dans le cambouis, avec deux des plus prestigieuses épreuves sur route, le Tour et le Paris-Roubaix. On serait les US… qu’est ce que tu veux ? Le Tour du Wisconsin, ou le Nouvelle-Orléans - paris -Texas à pédalo ça ne fais pas rêver les foules :)
Donc ça nous aide quand même à pousser à nettoyer.
Maintenant que le mouvement est commencé, je suis d’accord avec toi, maintenant un mec peut refuser de se doper. Il y a 10 ans, peut être même 5 ans, il décidait tout simplement d’arrêter sa carrière (c’est possible aussi…)
Oui, c’est clair qu’avec le Tour ils ont un moyen de pression unique, cela dit ils avaient aussi été les premiers nos p’tits compatriotes à faire le ménage dans l’athlé (d’ailleurs ça continue en ce moment)… je pense qu’au niveau du sport il y a une espèce d’exception culturelle française aussi qui fait qu’au delà de la performance on cherche à éduquer ; à la différence d’autres pays comme les USA où c’est d’abord la performance et après l’éducation… ce qui confine à des situations ridicules pour les deux pays… en France on s’enflamme quand un mec termine 12è d’une course, on lui dit qu’il est formidable, qu’il a fait ce qu’il a pu… aux States, ce mec serait un loser, on le verrait plus. Mais aux USA, le sport mélangé aux études c’est du grand guignol par exemple (dans les universités où n’importe quel mongole qui sait porter un ballon peut se retrouver en master d’anthropologie, juste comme ça, pour la réputation de la fac…). Il n’y a pas de bon système en fait. la France fait du sport une vertue essentiellement éducative, sociale (la rencontre avec les autres, un certain communautaire), à un niveau presque psycho-rigide, si bien que finalement une des vertus du sport disparaît (la recherche du dépassement de soi, la performance donc et s’enferme dans une vision hypra utopiste du sport. Les pays comme les USA ou l’Espagne d’ailleurs tombant dans l’excès inverse omù le sport n’est pas une vertu éducative, sociale, mais davantage une manière de se démarquer individuellement. Si bien qu’en France on chasse les sorcières qui “détruisent” ce lien social, alors qu’aux USA on cherche des technioques pour améliorer les performances, pas nécessairement pour tricher au départ peut-être mais plus dans un esprit de recherche de ce qu’il y a de mieux tout simplement…