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Mes arrière-grands-parents mardi 27 mars 2007 à 13:11

Publié par Marie-Aude in : France, Généalogie , rétrolien

Suite à mon post sur mon identité nationale, j’ai eu envie de vous parler de mes arrière-grands-parents. Ceux qui sont assez près de moi pour “me” faire et constituer mon identité, d’une certaine façon. Assez éloignés pour être déjà un peu mythiques, pour que je ne les connaisse pas mais n’en sache que ce qui s’est transmis, plus tout à fait des personnes, déjà des histoires…

Vous trouverez le détail sur mon site, mais en voilà la liste :

Les Koiransky et les Rubinstein sont des juifs ashkénazes, de Lituanie, ils passent ensuite en Russie. Haïm a un permis de séjour à Saint-Pétersbourg (ville interdite aux juifs sauf exception), qui expire en 1898. Il émigre en France, et fait venir avec lui quelques mois après sa femme Mina, et ses six enfants, alors qu’il vivait en concubinage avec une française. Pas de problème de regroupement familial… Son fils, Simon, mon grand-père, ne sera naturalisé qu’au début des années 30, mon père est né apatride, comme ses oncles.

Des Koiransky de Russie, il n’en reste qu’un.

Les Neau sont de petits métayers vendéens. Plutôt pas riches, plutôt nombreux, ils passent à travers la Révolution sans trop d’encombres (ce qui veut dire que bien que profondément cathos, ils ne sont pas contre-révolutionnaires) et Jean fait des études qui vont lui permettre de devenir instituteur, puis directeur d’école aux Sables d’Olonne, le fief de Baudry d’Asson, le grand opposant à la loi de séparation de l’église et de l’état. Jean Neau va à la messe, ailleurs, et éduque ses enfants dans les idées républicaines, la laïcité. Il laisse ma grand-mère faire des études poussées, et épouser Simon Koiransky, cet estranger pas très catholique (ni rien du tout d’ailleurs, on ne pratiquait pas grand-chose chez ces bourgeois représentatifs de l’assimilation Mittel-Europa). Les Rivet sont des bourgeois aussi, Charentais, peut être d’origine partiellement noble, et en partie protestants.

Les Robins sont de tout petits paysans berrichons. Des pauvres, des journaliers, des ouvriers qui n’ont même pas leur ferme. A force de travail, après des années chez les autres, et des années comme charbonniers au coeur de la forêt, Georges finira par avoir son chez lui. Et ses enfants feront tous des études, même sont fils Urbain, qui sera tué aux premiers jours de la boucherie de 14-18.

Alors où se trouve la France des cathédrales ? Chez les Morlhon peut être ? Pas vraiment non plus. Camille à un beau nom, rattaché à la “grande histoire catholique” celle des grands ordres de Chevalerie, et de Malte, la défense de la chrétienté en Terre de Croisade, mais derrière ce nom, la réalité est autre.

Sa mère, Juliette, est la fille d’un paysan allemand (enfin bavarois, puisqu’à l’époque l’Allemagne n’existe pas encore), émigré en France, garde-national et finalement parti en Algérie parmi les premiers colons. Suffisamment peu “cathédraliste” pour donner à ses enfants nés là-bas un deuxième prénom musulman. Il mourra sur place de fièvres, et Juliette rentre en France, où elle devient la maîtresse du Comte de La Valette, pas son épouse… elle ne sera régularisée qu’en 1870, à l’occasion du grand chambardement de la chute de l’Empire.

De tous mes arrières-grands-parents, pas un seul n’appartient à la France des cathédrales, qu’ils soient étrangers, ou trop petites gens pour être même intéressés par tout cela. Il faut remonter encore deux génération pour finalement en trouver un…

et pourtant, je me sens française. Même si je vis à l’étranger, entre l’Allemagne et le Maroc, “par réaction” j’ai bien conscience de mon identité, transmise par tous ces “arrières” qui ont tout autant fait l’histoire de la France que les bâtisseurs de cathédrales…

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