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Retour au soleil mardi 06 mars 2007 à 15:26

Publié par Marie-Aude in : Maroc, Quotidien , rétrolien

Je suis arrivée assez tard avant-hier soir à Marrakech. Le train de 19h avait été retardé à 20h (en fait supprimé comme tous les dimanches), ce qui n’avait pas emêché l’ONCF (les chemins de fer marocains) de me donner une réservation dans le train inexistant. Bon, à 20h on se débrouille, et au moins cela permet de faire des connaissances…

La correspondance Casa-Marrakech peut parfois être très longue, j’ai souvenir d’avoir attendu un avion pendant plus de 5 heures à Casa, et d’avoir finalement décollé après l’heure d’arrivée du train à Marrakech. Et comme le train vaut dix fois moins que le billet d’avion…

Avant de partir à l’hôtel, On s’arrête au Guéliz, le quartier moderne, où se trouve l’université, pour prendre une petite grillade. A cause des étudiants, le coin est rempli de petits restaurants, qui offrent viandes grillées, chawarma et frittes. C’est un plaisir de piocher à la marocaine (avec les mains) dans les morceaux de poulets et de rognons marinés et grillés, et largement saupoudrés de cumin. Il fait très bon, je suis en T-shirt à minuit, dans la journée cela monte déjà jusqu’à 30° !

Une fois arrivés à l’hôtel avant une heure du matin, j’étais totalement claquée. Comme d’habitude j’avais préparé les bagages jusqu’à point d’heure (la plus grosse préparation des “bagages” étant la synchronisation de mes multiples gigas de photos et données sur mon disque dur externe, que je fais toujours à la dernière minute) et donc peu dormi. Nous nous somme faits une journée plutôt cool, en profitant de la route de Tichka. Le Maroc est tout vert en ce moment, le printemps explose, bien qu’il reste encore quelques plaques de neige à Tichka (2.400 mètres). Nous avons d’ailleurs eu le temps de les admirer, arrêtés pour laisser refroidir le moteur.

C’était la journée d’indépendance de la voiture. Si j’ai bien tout compris, le truc qui devait arrêter le chargement de la batterie quand elle était pleine ne l’arrêtait plus. Bilal l’a donc débranché (le chargement), pour ne pas griller la batterie. Résultat prévisible, en arrivant le soir à Ouarzazate, la dite batterie est presque vide, nous n’avons plus de klaxon, et pour économiser les derniers restes, Bilal roule sans phare… et sans moyens d’avertir ceux qui ne nous voient pas. C’est ça la conduite marocaine ! Et en plus ma ceinture de sécurité a décidé de se bloquer pendant toute la durée du trajet. Bref….

A quelques kilomètres de Marrakech, nous nous arrêtons pour prendre des orangers pour le jardin de la maison. Huit exactement, quatre clémentiniers et quatre vrais orangers. Il faut donc s’imaginer notre petite fiat Punto avec à l’arrière ma grosse valise (vingt-sept kilos quand même), le sac photo, les deux sacs de voyage, le sac de Bilal, le pied photo et la grande carte de France qu’un de nos clients m’a confiée pour ammener à l’école de Timganine. Et dans le coffre, les huits plants, qui sont déjà bien grands. Miracle de la débrouille marocaine, tout tient.. j’ai bien vu une fois un palmier transporté dans un coffre de Mercédès !

une voiture bien chargée

Les orangers C’est là que les ascendances paysannes de Bilal ressortent. Il a choisi ces deux espèces pour être sûr que nous aurions des bons fruits, an plus de la décoration et de l’ombre, et il calcule combien de kilos les arbres doivent produire pour rembourser leur achat et l’eau d’arrosage… 10 kilos, conclut-il, facile !

Le grand moment de la journée, c’est l’arrivée à la maison, où nous posons les bagages ! Enfin, nous n’irons pas à l’hôtel cette fois-ci, notre chez nous est assez prêt pour nous accueillir. La chambre est fin prête, le lit en fer forgé a été fini avant-hier et installé ce matin, le temps que la peinture sèche ! La peinture du salon est finie aux trois quarts, il reste à terminer la décoration des frises, et puis le salon sert d’atelier pour peindre la dernière porte. La salle de bains est prête, le chauffe-eau a été monté, bref il y a ce qu’il faut pour camper confortablement !

La maison

Malgré toutes mes angoisses, les couleurs du salon sont parfaites, le jaune coquille d’oeuf est exactement comme j’en avais envie (et pourtant… quand Bilal m’a demandé de lui transmettre l’échantillon de couleur par ordinateur, vu la qualité aléatoire des calibrages d’écrans marocains, j’avais un peur), le dégradé de bleu pour les frises du plafond aussi… et comme la fenêtre de ce qui sera mon bureau est orientée à l’ouest, et que nous n’avons pas encore de voisin, la lumière dorée du soleil couchant se mélange merveilleusement aux murs…

Un détail qui ne trompera pas ceux qui connaissent le Maroc, et qui prouve à quel point Bilal et Mohammed ont surveillé les travaux : les prises électriques sont alignées ! Elles ne passeraient peut être pas l’épreuve du niveau à bulles, mais à l’oeil c’est impeccable !

Côté chambre, j’avais souhaité un vert clair sur trois murs, et un vert foncé sur le quatrième, c’est l’inverse qui a été fait, ça rapetisse la pièce, mais la couleur est jolie c’est l’essentiel. Je mettrai de grands rideaux blancs, et ca ira très bien.

Les trompe-l’oeuil de plafond, décorations de plâtre imitant les roseaux ou le bois sont faits de main de maître, avec les bonnes irrégularités de couleur là où il faut.

Le futur salon

Rétrospectivement, c’est vraiment un exploit, car pour arriver à faire comprendre dans une langue étrangère des nuances de couleurs… surtout quand cette langue étrangère n’a pas les mêmes bases que nous, en arabe, on ne connaît pas le brun ou le marron, par exemple, ni le gris. En dehors du jaune, rouge, vert, bleu… rien. Donc arriver à faire comprendre que je voulais une couleur “de bois chaud, tirant vers le miel, pas trop rouge”, ou “un vert avec moins de jaune” (parce que ce que je voulais, c’était un vert véronèse, mais mon petit doigt m’a sussuré qu’il fallait tout de suite trouver une explication plus concrète), et cela la moitié du temps par téléphone, sur la base de photos prises avec téléphone portable. Les seuls graphistes que je connaisse à Ouarzazate travaillent sans nuancier Pantone, donc pas moyen non plus de ce côté là.

Nous dînons chez Mohammed (la cuisine n’est pas prête, elle, il n’y a pas encore de plaques, de frigo, ni de vaisselle…) et nous rapportons du lait, du miel, du sucre et de l’huile pour amadouer les bons esprits et leur donner envie de rester longtemps chez nous, et du sel pour chasser les djinns !
Mais comme ce n’est pas facile de transporter cinq soucoupes, Khadija décide de tout mettre dans une seule ! Je pense que les esprits seront capables de faire le tri…

J’ai sorti la petite table sur la future terrasse, à côté de l’endroit où Bilal va planter les orangers, une rallonge électrique par la fenêre du salon, et je profite, tandis qu’un des chats du quartier est déjà venu me rendre visite !

Les offrandes

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Commentaires»

1. Cécile - Altaïr - 7 mars 2007

Bienvenue dans votre chez vous ;) Ca va te changer la vie non ?

En tout cas ça à l’air bien sympa comme endroit…

Les anges et bons esprits ont il réussi à déméler leurs offrandes ?

Mais enfin, maintenant y a le mari, l’Oasis, la maison, le jardin… C’est quoi la prochiane étape ?

Bon séjour

2. Fatma - 16 mars 2007

Heureuse de vous savoir enfin chez vous !
Je vous embrasse

3. Marie-Aude - 17 mars 2007

Cécile, la prochaine étape, c’est de meubler tout ça (enfin pas le mari, s’entend :) ) et puis finalement de changer la maison allemande pour une maison plus petite, et de trimballer les chats de schpountzie en Maroquie… pas évident :)

Bises à Fatme

4. Cécile - Altaïr - 22 mars 2007

Les meubles, Ok c’est relativement simple
Le déménagement teuton bon ça commence à se gâter
Par contre le transfert des chats au soleil ça va donner ;) Ils risquent d’avoir un temps d’adaptation pas triste avec leur manteau d’hiver ;) Mais ensuite je les vois bien devenir les rois de la terrasse :-D

Bon ben bon courage pour tout ça ;)

5. Marie-Aude - 26 mars 2007

En fait la chose qui m’inquiète le plus dans les chats, c’est leur transport. Ayant déjà fait Paris - Schpountzie avec eux en voiture, je connais bien leur capacité à miauler… et l’idée de faire Casa-Ouarzazate ou Marrakech - Ouarzazate au mieux, avec quatre miaulants me terrifie un peu.

Mais on ne va pas les abandonner non plus :)

6. lds - 31 mars 2007

Eh, jolis ces moulures ! Ce genre de travail ne se fait plus en France, ou bien à prix d’or !
Surprenant la lumière intérieure ! On s’attendrait à beaucoup moins de lumière quand on voit la taille des fenêtres de l’extérieur. Je suppose que la petite taille est censé preserver la fraîcheur à l’intérieur, ce qui est essentiel par là bas.
A propos, quel type de peinture avez vous utilisé ?

7. Marie-Aude - 31 mars 2007

Pour la peinture je ne sais pas trop, un truc bien couvrant et pas trop liquide :)
Oui c’est un luxe qu’on ne peut plus obtenir en France. Je m’étais toujours interrogée sur le comment en voyant ces moulures ailleurs, et la réponse est “en prenant son temps”. Nous avons 100 mètres carrés, et je pense que le peintre va passer en tout trois mois, y compris la peinture de la façade….

Pour les fenêtres, j’ai bataillé ferme pour avoir droit à une fenêtre normale, les autres sont en verre opacifié, pour préserver l’intimité. Et cette pièce là à deux façades, donc les deux fenêtres que vous voyez à droite de la porte, et une au fond qu’on aperçoit sur la photo de l’intérieur.
Le reste est effectivement plus sombre, mais cela n’a rien à voir avec les kasbah traditionnelles… là bas je ne peux même pas faire une photo d’intérieur à main levée.

Effectivement, on lutte contre la chaleur (ce qui donne des soirées très très fraîches l’hiver à Ouarzazate), et aussi contre le regard des voisins…. Au Maroc on est totalement à l’opposé de la culture nordique des grandes baies vitrées sans rideau. En même temps, comme même tenir la main de son mari dans la rue n’est “pas recommandé”, c’est normal d’essayer de préserver son intimité.

8. lds - 31 mars 2007

Pour la peinture, j’aurais bien vu une peinture à la chaux avec des pigments naturels, cela n’aurait pas gêné pour le style, je pense. Excusez moi, je viens chez vous sans être invité et je fais déjà des commentaires sur ce que je verrais comme peinture ! Je suis vraiment sans gêne !
Oui, l’intimité c’est important. Dans ces pays, la vie de la maison est bien souvent tournée vers l’interieur, avec la traditionnelle cour, la cusine…
Je ne sais pas si on trouve ce genre de maison à Ouarzazate ?

9. Marie-Aude - 31 mars 2007

:) mais je vous en prie :) vous êtes le bienvenu.

Les peintures traditionnelles sont effectivement superbes; j’ai vu récemment une porte du XIX°, entièrement peinte à la menthe, au saffran, à l’indigo et à un mélange de henné et de coquelicot pour les rouges, et ça n’a pas perdu un poil de son éclat. Les plafonds des anciennes kasbahs sont surprenants, par exemple celui là doit avoir plus de 130 ans http://www.oasisdemezgarne.com/photos.php?im=18&g=maroc&l=fr il se trouve à Taourirt, à Ouarzazate, justement.

Mais je n’ai pas les moyens de me payer l’indigo nécessaire, et les pigments naturels sont maintenant très rarement utilisés. En plus les touristes veulent des tapis avec des couleurs qui tiennent….

Le style de maison dont vous parlez existe partout, mais dans le grand Sud, et dans les kasbah, la ou les cours intérieures sont très petites, bien enfermées au milieu de trois étages (et c’est très haut un étage de kasbah) justement pour se protéger du soleil.

Les villas (sous entendu là bas : grande maison cossue) ont ce type de plan, et sinon, dès qu’on s’enfonce un peu dans la campagne. En remontant un peu plus au nord, Marrakech, Taliouine, Fes, on en voit beaucoup aussi, c’est le plan classique du riad enserré dans la medina.

Mais Ouarzazate a très peu d’hisoire, il y a avait juste une toute petite medina autour de la kasbah du Glaoui quand les français sont arrivés, et comme la ville a été construite par la légion étrangère… l’urbanisme est rectangulaire et large. Les maisons modernes, construites à tour de bras pour les marocains aux revenus modestes ont rarement des patio. Mais leur derneir étage est une grande terrasse plate, aux très hauts murs, qui protègent du regard des voisins, et permet de se rafraichir l’été.

En même temps, quand je vois les quelques petits vents de sable que nous avons eu ces quinze derniers jours, je me dis qu’un grand patio serait une catastrophe…

10. Trassagere » Le salon se meuble - 20 avril 2007

[…] la cloison de séparation entre le bureau et le salon. “cloison” qu’on peut voir ici , et qui en réalité n’est pas blanc, mais jaune coquille d’oeuf). Cloison qui sera […]

11. Joumana - 28 avril 2007

Comme c’est joli!! J’adore les couleurs que tu as choisies!

12. Marie-Aude - 28 avril 2007

Ce sont mes couleurs fétiches :)