Salade de pommes de terre au roquefort et cumin dimanche 04 février 2007 à 17:39
Publié par Marie-Aude in : Allemagne, Cuisine, France, Maroc, Quotidien , rétrolienQuelle horreur n’est-ce ?
Et pourtant c’est un bon résumé culturel de ma vie !
Quand je suis arrivée en Allemagne, j’ai découvert une chose, un machin indéterminé qui se trouvait en bonne place dans tous les saladiers des barbequues du week-end, semi-liquide semi-solide, aux ingrédients cachés par une sauce bien épaisse, bien homogène de couleur claire.
La Kartoffel Salat !
Il faut savoir que l’été allemand est soumis à un rituel parfaitement organisé (comme tout en Allemagne), le barbecue. Ca commence en avril, ça se termine en octobre, les plus courageaux peuvent même en faire jusqu’en novembre, voir le jour de l’An, mais basiquement le début et la fin de la saison du barbecue est un indicateur sûr du passage des saisons.
Donc, tous les samedis soir, à tour de rôle, on se reçoit dans le jardin, ou sur le balcon pour ceux qui sont en appartement.
Je suis arrivée en Allemagne au début d’un été, j’ai donc tout de suite commençé le rituel. A la troisième soirée, j’ai quand même été un peu surprise de manger toujours la même chose. A la différence des français, et malgré le grand nombre d’émissions culinaires, les allemands mangent plus pour se nourrir que pour le plaisir. La maîtresse de maison va donc faire quelques plats classiques, ou plus simple encore les acheter. Chez le même traiteur que ses copines, puisque c’est bon on ne risque pas de mauvaises surprise.
Et c’est ainsi que tout l’été j’ai profité à satiété (c’est peu dire) du même menu, entrée Kartoffel Zalathe et Nouddelle Zalathe (c’est juste différent sous la sauce, mais comme le goût de la sauce est plus fort que celui de patates ou des nouilles, en fait c’est la même chose, à une légère différence de structure près), Wurst (ah les saucisses), escalopes, et crumble aux pommes.
Côté boissons, bien sûr de la bière, et les nombreuses variétés locales, de l’eau pétillante, parfois un peu de vin.
Et puis des desserts, gâteaux genre crumble ou un grand saladier rempli de “mon chéri” et autres petits trucs pas mal.
La répétitivité sans surprise des ingrédients est typique de la société allemande :
- généralement, on mange utilitaire, les capacités et habitudes culinaires sont réduites, et on n’imagine pas passer quatre heures à préparer un bon repas pour les amis, ce serait stupide, il vaut mieux passer ce temps là avec ses amis.
- Il n’est pas nécessaire - au contraire - de se démarquer des autres, il vaut mieux faire comme tout le monde, recettes éprouvées et sans surprises, mais aussi sans prétention.
- Il ne faut pas risquer de donner quelque chose de mauvais à manger
Donc, en conclusion, chacun va, la veille du barbecue, acheter des viandes toutes marinées, des salades toutes prêtes, et consacrera sa part d’inventivité au choix des vins, des bières, et à la décoration des tables.
Moi c’est un peu l’inverse. Gourmande, amoureuse de cuisine, je me demande parfois si je ne reçois pas mes amis pour faire de la cuisine, plutôt que l’inverse. J’ai donc au cours des années appris à gérer :
- la ponctualité allemande, ne jamais dire à vos amis “vous venez à partit de 8 heures”, car ils seront tous ponctuellement, devant la porte, à 8 heures exactement, ayant même parfois attendu de longues minutes devant, pour ne pas arriver trop tôt ou trop tard. Donc, on intègre le quart d’heure de ponctualité dans l’invitation, car il n’y a pas de quart d’heure.
- l’habitude du plat unique, et prévenir devant l’entrée qu’il ne s’agit que d’une entrée, et qu’ensuite viennent ceci et cela. Sinon mes pauvres invités croyaient que ma petite salade tomate-mozarella était leur unique nourriture, et s’en gavaient sans laisser de place pour la suite.
- des tabous culinaires différents, le foie gras ne passe pas, l’idée même ne passe pas… étrange dans un pays qui se fait des tartines de schmalz, ce saindoux bien gras ! Mais au royaume de la charcuterie de porcs, les abats, quels qu’ils soient, sont dédaigné, souvent directement jettés à la poubelle dans les abattoirs, ou réservés aux étrangers de moeurs bizarres, comme les turcs et les français (si ils savaient ce dont je vais me régaler dans une semaine, la mère du Grand Caravanier fait des choses merveilleuses avec les abats du mouton de l’Aïd !)
- une cuisine beaucoup plus douce, beaucoup plus sucrée que la nôtre
- des dîners entre copains où on ne grignote qu’un peu de fromage et de salami sur du pain, rapidement, avant de passer une longue soirée à déguster vin rouge (pour moi) et bière (pour eux)
- l’absence de variété dans les poissons, harengs, saumon, sandre et sole, cabillaud et c’est tout, en tout cas d’ordinaire. Les coquillages sont rares et chers, la seule source de poissons est la Mer du Nord… ah que mes petites sardines grillées des Sables d’Olonne pouvaient me manquer, avant que je ne les retrouve à Agadir !
Il ne faut pas se tromper, ou me croire martyre, il y a des très bonnes choses dans la cuisine allemande, entre les jarrets grillés, les plats de chamignons, la dinde ou l’oie de Noël et tous les gâteaux de l’Avent, des pains variés, mais le quotidien est plus terne qu’en France.
Au Maroc, je retrouve les goûts plus forts, les poissons, même à Ouarzazate, on est livré tout frais une fois par semaine, et la symphonie des épices (en Allemagne, ail et ail des ours, aïoli et sauces barbecue diverses… cela reste limité) les préparations variées, et le plaisir de bien manger, mais, comme en Allemagne, on n’est pas censé trop parler en mangeant, une chose après l’autre. Cela dit… pour faire taire un marocain il en faut beaucoup !
Il y a les tajines, les grillades, les pastillas, tous ces plats préparés, marinés, aromatisés, et surtout il y a le cumin sur la salade de tomates à la marocaine !
Les ingrédients sont simples : de bonnes tomates, à la fois goûtues et fermes, qu’on pèle, épépine et coupe en petit dé. Un oignon blanc ou rose, finement émincé. Un tout petit peu d’huile d’olive. Et du cumin saupoudré à volonté. Une petite merveille, toute simple, dont le goût vient tout simplement de la qualité, tomates poussées sur place, au soleil, pas toujours calibrées, mais bonnes !
Tags: Allemagne, Cuisine, France, Maroc, Quotidien


Commentaires»
miam !!!!!
et en plus je peux le faire chez moi dès que mes tomates seront sorties :)
je te communique au passage une autre recette de salade marocaine que tu connais probablement mais au cas où…
oranges, ail, huile d’olives, cumin, un peu de piment et olives noires (pas à la grecque hein les olives noires) un peu de sel et bon appétit :)
je n’ai rencontré qu’une personne appréciant cette salade alors teste la avant de servir ça à tes invités ;)
j’t'embrasse ma belle, très sympa ton blog :)
salut Kali, heureuse de te voir ici.
Ta salade est une vraie salade marocaine, et très bonne aussi … il y a une autre version avec des citrons à la place des oranges, pareil, il faut proposer “autre chose” en même temps.
Je te bise très fort ma belle