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Sarkozy ne lit pas Jules… Notes en direct. jeudi 29 novembre 2007 à 21:31

Publié par Marie-Aude in : Politique , rétrolien

Première constatation, au bout de quelques secondes, répétition des fausses qualifications de crime, et de tentative d’assassinat.

Pourtant Jules de Diners’ Room l’a bien expliqué… dix mille fois mieux que je ne saurais le faire.

C’est un début en grande fanfare émotionnelle, ce n’est pas un président, c’est un avocat, c’est un éditorialiste.
Il joue sur la montée de la peur, et il se positionne en Père Fouettard. Et il ressort l’immigration non maitrisée.

Ce qui me frappe, c’est l’hypertrophie de l’utilisation du mot “droit”. “On va donner un droit à la formation, on va donner un droit à la sécurité’.
Ce qui compte n’est pas le “droit”, c’est la réalité des choses. Mais dit-il, on a donné déjà assez d’argent. Alors que va être ce “droit” s’il n’est pas suivi dans les faits ? Et s’il l’est, quelle est la poudre magique qui va permettre de faire mieux sans argent ?

Au bout de 4 minutes, on a droit aux nouvelles lois. Les nouvelles lois, les nouveaux textes. Et la nouvelle proposition de maintenir les délinquants sexuels avec une peine de sûreté après leur peine est ressortie.

Il interrompt les journalistes, on sent l’énervement qui pointe, presque difficilement maîtrisé. “Je me heurte sans cesse à la pensée convenue”.

La pensée convenue, en l’occurrence, est la pensée légaliste qui s’étonne que quelqu’un puisse être maintenu en prison une fois sa peine effectuée ?

J’apprends aussi que la police de proximité est une idée ridicule….

L’hypertrophie du verbe continue avec les grèves de transport, la situation a été terrifiante, dit-il.

La personnalisation du discours est frappante “J’ai été élu, on attend de moi des solutions, je l’ai fait”. D’ailleurs il le dit en conclusion “mon tempérament c’est de me mettre devant”.

En ce qui concerne l’économique, manifestement beaucoup plus important, au moins en temps de parole, l’éclatement du droit du travail apparait, y compris le travail du dimanche.

Je reste surprise “on paye 20 milliards d’allègement de charges, c’est normal pour la compétitivité des entreprises. Je remettrais en cause ces allègements de charges dans les branches où il n’y aura pas d’accord majoritaire avec les syndicats”.

Les allègements de charge pour soutenir la compétivité des entreprises ? C’est à Bruxelles que ça va faire plaisir.
Les allègements de charge sont là pour soutenir une politique d’emploi, pour aider par exemple l’emploi de gens en formation, de gens handicapés… remettre en cause cela si il n’y a pas d’accord dans une branche c’est - encore une fois, comme pour la remise en cause de l’aide juridictionnelle, ou pour la franchise médicale - taper sur les plus faibles.

La cerise sur le gâteau, c’est l’indexation des loyers sur l’indice des prix. Aujourd’hui ils sont indexés sur les prix de la construction, car… on s’est aperçu, il y a quelques années, que l’indexation sur l’indice des prix était inflationniste.

La défense du paquet fiscal est un monument de mauvaise foi. Et permet au passage une attaque ad hominem sur Hollande et ses 3.000 euros mensuels qui dépasse le sommet du ridicule quand on pense à l’augmentation de salaire du président.

Au sujet du Maroc “le premier TGV dans un pays… euh (je vais quand même pas dire sous-développé) musulman”. Est-ce qu’on peut me dire ce que la religion du Maroc a à voir avec son équipement ferroviaire.

Là où il se révèle, c’est dans le compte des contrats rammenés de l’étranger. Il me rappelle vraiment un chef des ventes qui compte ses commissions…

Ce que je lui reconnais de positif, c’est sa volonté de faire des réformes globales, et d’attaquer les problèmes dans leur ensemble. Mais je n’aime pas ce qu’il veut faire.

Il ira en Algérie. Un coup de fil privé avec Bouteflika lui suffit. J’aimerais qu’il y ait eu un reproche officiel, voir même une sanction. Dans un monde où on enferme une enseignante pour le nom donné à un nounours, dans un monde où on aurait fait démissionner un ministre français qui s’exprimerait ainsi, comment accepter d’aller en ami dans un pays où un ministre reste dans l’exercice de ses fonctions après une telle déclaration ?
En quoi les tortillages de Bouteflika sont-ils satisfaisants ?

Cherchant à couper court à la polémique, le président algérien a également pris ses distances avec les propos de son ministre des Anciens combattants Mohamed Chérif Abbas dans une déclaration à l’agence officielle nationale APS rendue publique jeudi après-midi. “Constitutionnellement, la politique extérieure relève du domaine réservé du président de la République et de ses plénipotentiaires dont le ministre des Affaires étrangères en particulier”, a-t-il observé. “En dehors des positions exprimées par ces autorités, toute déclaration ou spéculation n’engage que ses auteurs ou ceux qui les publient.”

Et Abdelaziz Bouteflika d’enfoncer le clou: “il n’est pas de nos traditions, ni dans notre interprétation du devoir de réserve qui incombe à tout responsable de l’Etat, de porter des jugements de valeurs sur des hommes d’Etat étrangers ou de nous immiscer dans la politique intérieure des autres Etats, notamment lorsqu’il s’agit d’un pays ami avec lequel nous entretenons des relations multiples de coopération confiantes et mutuellement bénéfiques.”

En clair “Sarkozy peut être élu grâce au lobby juif, on n’a rien à dire et cela ne nous concerne pas”.
Rien sur le fond…

C’est Rama yade qui va être contente !

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Commentaires»

1. andrem - 29 novembre 2007

Bonsoir.

Puis-je ajouter une couche à ta colère qui est mienne aussi?

Il a parlé de ceux qui tiraient sur les policiers avec des armes à feu. Il s’est abondament étendu sur ce qu’il a vu, il aurait eu des photos des blessures ils les auraient montrées, il a même parlé de l’épouse enceinte de celui-ci quand il fut blessé et du corps de celui là criblé de 18 plombs. J’ai appris qu’il était TRES grave de blesser un fonctionnaire, ce qui signifie sans doute que ce n’est pas TRES grave de blesser un non-fonctionnaire, encore une inégalité à dénoncer…

On rit comme on peut. Il a parlé de prendre des mesure pour punir les tireurs à balle sur les policiers, faits graves et je suis le premier d’accord qu’il faut trouver les (vrais) coupables, et un procès équitable qui se terminera pour les déclarés coupables par une peine exemplaire. Ce sera le travail des enquêteurs, des juges, des jurés en cas d’assises, et en aucun cas la décision d’un salonard agité devant une caméra, attention j’ai bien dit salonard; homme de salon, si vous préférez. Et il a aussitôt dévié de ce sujet très précis pour lequel les lois existent et sont sévères, donc pour lequel aucune gesticulation vengeresse n’est utile, plutôt futile et certainement ridicule, il a aussitôt dévié sur la traque des récidivistes, qui n’est évidemment pas le sujet du débat, en prenant l’exemple de la dernière horreurs sexuelle en date.

Le message est clair: les jeunes de banlieue sont des délinquants sexuels. Bon, j’extrapole, je délire, je vois le mal partout? Non, c’est lui qui voit le mal partout, mais il est vrai que le message n’est pas si clair que je prétends. Il est si bien suggéré.

2. akynou/racontars - 29 novembre 2007

Je suis finalement contente de ne l’avoir pas vu. J’ai suffisemment de soucis comme ça en ce moment…

3. Marie-Aude - 29 novembre 2007

Je suis assez d’accord avec toi.
En revanche j’ai apprécié qu’il ne stigmatise pas l’origine du violeur.
Ce qui me confirme dans ce que je pense depuis longtemps, c’est un salonard agité, un hypertrophié de l’égo qui ne connait pas le droit et a du mal à se maitriser, mais pas un raciste.

En revanche, contrairement à ce qu’il tente de faire croire, il a le mépris des faibles et des pauvres, et il juge les gens à l’aune de leur valeur.

J’ajouterais que la tête ennuyée d’Arlette Chabot (du genre mais qu’est ce qu’il peut donc dire comme connerie) et celle de PPDA (mais qu’est ce que je fais là) faisait plaisir à voir.
Ils étaient clairement là comme faire valoir, et on aurait pu se passer d’eux sans problème.

En ce qui concerne la gravité du fait de blesser un fonctionnaire, j’ajouterais “de police” (ou de gendarmerie, ou un juge, bref un représentant de l’autorité de l’état).
Il est exact que c’est plus grave que blesser un fonctionnaire lambda (genre par exemple un cartographe) ou un non-fonctionnaire. C’est pour cela que la loi a déjà prévu des sanctions plus lourdes que pour des coups et blessures “normaux”.

Mais ce n’est pas en soi, un crime. Seulement dans le cas où cela entraîne plus de 10 jours d’arrêt de travail… En clair de l’art d’enfoncer des portes ouvertes en s’accrochant aux murs.