Sarkozy persiste et signe samedi 21 avril 2007 à 15:38
Publié par Marie-Aude in : France, Politique , rétrolienEn Lorraine, un des derniers discours de campagne, à Metz, dont on peut trouver l’intégrale sur le site de l’UMP, pour vérifier que ma citation est correcte !
A quelques jours de la fin de cette campagne pendant laquelle on a tant parlé de la France, j’ai voulu venir ici, en Lorraine, sur cette terre usée par l’histoire qui a donné à la France tant de grands Français, où l’on a tant aimé la France, où l’on s’est tant battu pour elle, où l’on a tant voulu être Français.
La Lorraine c’est cette terre deux fois sacrée parce qu’elle a été sanctifiée par le sang que ses enfants ont versé pour la France et par celui que des millions de Français ont versé pour sa libération. La Lorraine c’est cette terre sainte où c’est la même chose de prier Dieu ou de prier la France.
« Notre Père qui êtes au Royaume des Cieux, de combien de temps il s’en faut que votre règne arrive au Royaume de France » disait la Jeanne d’Arc de Péguy, la petite Lorraine qui s’est mise en tête un jour de libérer la France.
Et sur la colline inspirée de Sion, Barrès priait d’un même élan du cœur la Vierge, la Lorraine et la France et écrivait pour la jeunesse française le roman de l’énergie nationale.
Pour moi la Lorraine qui fut le champ clos de l’éternel combat des Francs et des germains, c’est cette terre sacrée où la France s’appelle Jeanne d’Arc et où elle est une religion.
Pour moi la Lorraine c’est ce peuple qui lorsqu’il a dû choisir après dix siècles entre la France et l’Allemagne, a choisi la France.
Pour moi la Lorraine c’est Thionville, c’est Toul, c’est Domrémy, c’est Epinal, c’est Saint-Dié, c’est Bar-le-Duc.
La Lorraine, c’est La Lorraine, c’est Nancy qui sauve la France en résistant héroïquement à Charles le Téméraire.
La Lorraine c’est Metz qui défie Charles Quint. C’est Metz dont le visage comme celui de Strasbourg reste couvert d’un voile noir pendant cinquante ans parce que la France ne voulait pas faire son deuil de l’Alsace et de la Lorraine.
Metz trahie par Bazaine. Metz deux fois arrachée à la France et deux fois reconquise. Metz qui accueille et qui protège Rabelais comme Lunéville accueille et protège Voltaire.
Quand dans “Mon identité nationale” j’évoquais - en les désapprouvant - les mythes de l’Alsace-Lorraine, la construction de l’esprit de revanche qui a contribué à la grande boucherie de 14-18, et indirectement donc à celle de 39-45, quand je reprochais à Sarkozy de jetterà la face de l’Allemagne la solution finale, je ne pensais pas qu’il irait aussi loin dans la candide revendication de ces références.
En l’écoutant, j’ai l’impression de retourner plus de 70 ans en arrière. Et sans aucunement rentrer dans la dialectique Le Peniste, je ne peux pas m’emêcher de voir dans cette attaque renouvelée de l’Allemagne, dans cette tentation américaine permanente, l’héritage hongrois de Nicolas Sarkozy.
Un fils d’immigrés peut parfaitement devenir président de la République. Mais il doit savoir faire le tri entre ce qui provient de son histoire personnelle (et il suffit de se souvenir des démêlés de la Hongrie avec l’Empire “austro-hongrois” justement, le mépris que les Hongrois pouvaient avoir pour les junkers Prussiens, pour comprendre que cette histoire personnelle pèse obligatoirement dans la psychée d’un fils de nobles Hongrois, comme mes ascendances juives ashkénazes pèsent dans ma conception du monde) et ce qui appartient à son pays.
Je me permets d’informer monsieur Sarkozy que la paix a été signée avec l’Allemagne il y a bien longtemps. Le combat entre la France et les Germains n’est pas éternel. Il a cessé.
Quelle déclaration de politique étrangère, quelle prise de position, incompatible avec la position d’un chef d’état !
Certes Barrès, n’a pas été fasciste, n’a pas été nazi. Mais il a fait partie de ceux qui ont répandu un terreau pour ces idéologies. Est-il opportun, est-il sain, est-ce faire preuve de bon sens que de se réclamer aujourd’hui, à l’heure d’Airbus et d’EADS, de Barrès ?
Demain je ferai 400 kilomètres dans la journée, pour voter. Pour barrer le passage au retour de ce genre d’idées.
On a reproché à Bayrou d’être chrétien.
Il l’est, personnellement. Mais je ne l’ai jamais entendu faire ce genre d’envolée Saint Sulpico-militaro-délirantes :
La Lorraine c’est cette terre sainte où c’est la même chose de prier Dieu ou de prier la France.
On se moque de Bush, et de ses conseillers auxquels Dieu parlerait directement.
La France risque d’élire un autre Bush.
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Commentaires»
Arrêtez, Sarko n’a jamais accusé l’Allemagne de quoique ce soit.
Et puis, je croyais que vous ne supportiez pas le FN. Voilà que vous aussi, vous utilisez les arguments de Sarko, l’étranger !
Moi, ce qui m’énerve le plus, c’est qu’il n’a pas l’intention de mettre en oeuvre la moitié de ce dont il parle… Je suis persuadé qu’il ne comprend pas les implications de toutes ses références.
Vous n’avez donc aucun soucis à vous faire.
Quant à Sarko, ce serait un catho, uniquement parcequ’il a évoqué la foi de la Lorraine ? Permettez moi de me gausser… ;-)
Sarko a répété trois fois le passage du discours où il parle de l’invention de la solution finale. Ce n’est pas une inadvertance. Quand il parle du combat “éternel” de la France et du Germain, cela a un sens bien précis, et cela a été perçu comme tel Outre-Rhin….
Et j’avoue ne pas comprendre cette sortie.
Mais s’il ne comprend pas les implications de ses références, c’est encore plus grave. “Eternel combat” ce n’est pas une référence, c’est une phrase de français tout simple.
Il est possible que celui qui voulait supprimer la Princesse de Clèves du programme scolaire ne sache pas trop qui est Barrès (quoi que pour un bachelier de Neuilly cela m’étonnerait quand même), mais qu’il ne comprenne pas le sens de ce qu’il dit, des mots qui sortent de sa bouche….
Et je n’ai pas dit qu’il était catho. J’ai dit qu’il délirait autant que certains newborns de l’administration américaine :)