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J’ai
mis longtemps à m’habituer à mon nom, Marie-Aude Koiransky.
Seulement une centaine de Marie-Aude nées dans l’année
(j’en ai d’ailleurs croisée une en classe, on était
bien surprises toutes les deux), les seuls Koiransky en France sont
des cousins, oncles et famille… toujours épeler, corriger
les fautes…
C’est
d’ailleurs devenu pire quand j’ai commencé à travailler
à l’étranger… imprononçable, incompréhensible,
on m’a même une fois appelée Monsieur Mario…
Je m’y suis faite. Et c'est donc maintenant que j'ai changé
de nom, en devenant Madame Ballouk. Dans certains pays c'est plus
facile, dans d'autres, c'est pre !
J’ai
40 ans, pour de longues années maintenant.
Je suis brune, grande et grosse, plutôt souriante, j’ai un
vertige qui m’empêche d’aller en montagne, une allergie à
la banane, et toutes mes dents. |
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J’ai
vécu la plus grande partie de ma vie à Paris, et puis,
il y a bientôt trois ans, je suis partie m’installer dans une
petite ville du Nord de l’Allemagne, près de Bielefeld, à
la frontière entre le Hanovre et la Westphalie. Je vais régulièrement
au Maroc, où mon mari travaille, dans le Sud, entre Ouarzazate
et Tazzarine. |
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Que dire ?
Vers un an, je fais mon
premier strip-tease. Une de mes multiples carrières étouffées
dans l'oeuf.
J'ai aussi voulu être reine-sainte-fermière (avant
de connaître Saint Louis et Marie-Antoinette), cosmonaute
intersidérale avec Guy l'Éclair, éleveuse de
chevaux dans la pampa, actrice.
Une enfance
sans trop d’histoires, avec pas mal de rêves, de lectures,
des romans de cape et d’épées, je m’imaginais la quatrième
des trois Mousquetaires, je tombais amoureuse d’Aramis.
J’ai même fait un peu d’escrime.
Je n'ai pas
trop aimé l'école. Plutôt bonne élève,
j'en ai profité pour lire, lire, lire, ou chahuter.
Pas de frères
et sœurs, mais des cousins plus agés, j’en retrouvais une
partie pour les vacances aux Sables d’Olonne, je n’oublierai jamais
cette lumière et l’odeur des pins dans les dunes, ni les
jeux sans fin dans le petit bunker que les allemands avaient laissés
dans la propriété de ma grand-mère, un paradis
d’enfants.
Le trajet en
train prenait quelques longues 5 heures, avant le TGV. J'avais toujours
peur de rater le train. Nous nous dépêchions autant
que nous pouvions, mes parents et moi, les valises pour deux mois
entiers, le hamster ou le canari, le chat, le chien, le pique nique...
ouf, enfin installés.
Je me mets à rêver, à aimer ces longs moments....
C’est aux Sables
que j’ai rencontré Nicole Villoteau, qui avait loué
un été une partie des dépendances pour s’installer
chez nous avec quelques uns de ses serpents. Elle me les a présentés,
fait toucher, appris à ne pas en avoir peur. |
J’ai
voulu faire du théâtre. Après mon bac, c’était
l’époque des premières radios libres, j’ai poussé
la porte de l’une d’entre elles, j’ai dit que je voulais faire une
émission sur le théâtre, en dix minutes j’ai
eu mon créneau horaire, deux fois par semaines… j’ai fait
la liste des théâtres parisiens, j’avais des places,
je faisais des critiques, je rencontrais des acteurs, je m’amusais.
Ma mère
était très inquiète pour mon avenir.
On a fait un
deal, je passerais quand même mon examen d’entrée à
Sciences-Po, si je l’avais …. Je ferais des études sérieuses,
sinon je continuerais à faire de la radio et essayer de faire
du théâtre. Écrire, aussi.
J’ai eu mon
examen, pour trois centièmes de points.
A moi les joies
du droit, de l’histoire, de la comptabilité et de la fiscalité
internationale. L’écriture des longues dissertations, la
performance théâtrale du Grand Oral. Je me suis quand
même bien amusée.
Avec des copains,
on a monté un serveur Minitel, Bleu. C’était comme
beaucoup de serveurs, un truc de drague, mais attention, de bon
niveau, intello et tout…
On n’a pas fait fortune pour autant. Au contraire.
J’y repense de temps en temps quand je surfe sur internet.
Et puis il a
fallu travailler. |
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Mes premières
missions ont eu lieu en Lorraine, au moment où on fermait la
sidérurgie. Je n'oublierais jamais certains visages, marqués
par 30 ans de travail, la voix soudain cassée, la poussière
dans l'oeil, face aux dernières cheminées qui s'éteignent.
Ni l'impuissance de ces hommes, leur force développée
dans les usines et les mines, et leur désarroi face à
la destruction de leur monde, désarroi tel qu'ils s'en remettaient
à la première gamine qui passait, pour essayer de trouver
une solution. |
Après
j’ai découvert l’informatique, chez Apple Computer, c’était
super. Je suis devenue sérieuse, je suis entrée dans
un cabinet d’audit et de conseil…. J’ai beaucoup voyagé,
j’ai changé d’entreprise, j’ai fait de plus en plus d’informatique.
Bref aujourd’hui je continue à faire de l’informatique.
Pour faire de l’informatique,
je suis partie en Allemagne. J’ai découvert une autre façon
de vivre, et vécu pas mal de quiproquos. Aujourd’hui j’ai
envie d’aller plus loin, visiter l’Australie, la Nouvelle Zélande.
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J’ai
fait la plongée. Le plaisir de glisser sans contraintes dans
toutes les directions, de passer au milieu de poissons qui ne vous
regardent pas.
J’ai vu les
baleines du Saint Laurent, trois fois je me suis émerveillée
devant ces animaux, et surtout la curiosité des jeunes belougas,
qui sont forts « senteux » comme on dit là-bas
et viennent voir de près les zodiaques qui les visitent.
Je voyage lourd,
le matériel photo (avec un pied de six kilos), le matériel
de plongée, et un gros bouquin pour le trajet.
Le record a été l’Afrique, où j’ai passé
5 semaines avec une amie. A notre retour, nous avions à nous
deux quasiment 60 kilos d’excédent de bagages.

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| J'ai
- presque - abandonné l'informatique. je fais de la photo,
des sites internet, je voyage. C'est une chance de pouvoir commencer
une deuxième vie. |
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Je rêve
de voir un jour des Oryx blancs en liberté dans le Rub-Al-Kâli.
Quelques une vivent en captivité, les cheiks essayent de les
réintroduire. Stupidité des hommes qui exterminent une
espèce pour le pur plaisir de la chasse, et tentent ensuite
de la ressuciter. |
| J’ai
lu, je lis tous les jours et je lirai. Les caisses de livres sont
la partie la plus lourde et la plus importante de mes déménagements.
Depuis les 75
caisses de livres de mon dernier, j’essaie sans succès d’appliquer
la règle « un livre entre, un livre sort ».
Quelques titres que
j'aime particulièrment :
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- « L’Oeuvre
au Noir » et « Les Mémoires d’Hadrien »
de Marguerite Yourcenar
- « Le
Chercheur d’Or » de JMG Le Clezio
- «Sept
cavaliers quittèrent la ville au crépuscule par
la porte de l'Ouest qui n'était plus gardée »,
et « Qui se souvient des hommes… » de Jean
Raspail
- Dune de Franck
Herbert
- Le Seigneur
des Anneaux, de JRR Tolkien (Faut il le préciser ?)
- Les Vagues,
de Virginia Woolf
- L’éloge
de l’Ombre, de Junichiro Tanizaki
- Le Golem
de Gustav Meyrink
- L’Aiglon
et Chantecler, d’Edmond Rostand
- L’Homme sans
qualités, de Robert Musil
- Nuit de Princes,
Fortune Carrée et Les Cavaliers, de Joseph Kessel
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- Le Cycle
de l’Assassin, les Bateaux Magiques et la Quête du Fou,
de Robin Hobb
- Mon Amie
Flicka, de Mary O’Hara
- La Vie Mode
d’Emploi, et les Choses, de Georges Pérec
- La Vie Fantôme
de Danielle Sallenave
- Le cycle
de Ténebreuse, de Marion Zimmer Bradley
- La Vie est
un Songe, de Calderon
- Les Passagers
du Vents, et le Cycle Cyann, de Francis Bourgeon
- Le Chevalier
Destouches, et les Diaboliques, de Barbey d’Aurevilly
- La Course
du Mouton Sauvage, d’Haruki Murakami
- Des Fleurs
pour Algernon, de Daniel Keyes
- Les escaliers
de Chambord et Le Salon du Wurttemberg de Pascal Quignard
- Le Petit
Nicolas, de Sempé,
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| et
beaucoup d'autres.... |
J’ai des
amis un peu tout autour du monde.
Je parle 2 langues
trois quarts (ces derniers étant composé de beaucoup
d’allemand, un peu de hollandais, d’afrikaans, quelques mots de
russe, d’arabe…)
J’ai toujours été fascinée par Dumézil
et ses 40 langues. Je m’interesse beaucoup à la sémantique
et à la linguistique.
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Quelle
peut être par exemple la strucuture mentale des habitants
du bassin de la Vaupès, en Colombie, qui ne différencient
pas entre actif et passif, mais entre les différents niveaux
d’évidence (perception visuelle, non-visuelle, déduction
à partir de preuves, on-dit, et simple hypothèse) ?
Axée sur la véracité de l’affirmation, mais
pas sur la mise en œuvre…
Et comment se comprendre, comment arriver à partager ces
structures, au-delà des mots ?
Comment partager
nos perceptions ? Toutes les assomptions non explicitées
de notre discours ?
Je ne vois qu’en deux dimensions… mon monde est-il le même
que le vôtre ?
Un sujet qui me fascine, les photographes aveugles, et particulièrement
Evgen
Bavcar…
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Quand
je ne philosophe pas, je fête le nouvel An Russe, le 13 janvier,
parce que cela permet de faire la fête deux fois. ´
Et
j’adore faire la cuisine.
Et
pas mal d'autres choses.... |

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Avec
des amis, nous avons créé une association pour aider
les tribus berbères nomades du Sud Marocain. Nous organisons
un camion qui va emmener une soixantaine de cartons de vêtements
et chaussures dans le Djebel Saghro, et les gorges du Todghra. |
Je
me suis mise à utiliser Internet, de plus en plus. J’avais
commencé « utile » avec mes recherches
généalogiques, j’ai continué ludique, avec
les newsgroup, les site photos, les gens qu’on rencontre…
Et
j’ai fini par avoir envie de faire aussi mon propre site. Il parle
de certaines de mes passions…
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