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J'en suis venu a éprouver la plus grande admiration a l'égard de ceux qui choisissent de tout risquer, y compris leur vie, pour améliorer leur sort. (…) Le serveur salvadorien d'un restaurant de Los Angeles, l'épicier pakistanais dans le Nord de l'Angleterre, l'ouvrier sénégalais sur un chantier de construction a Paris, tous méritent notre respect. Chacun d'eux a du entreprendre un extraordinaire périple personnel pour en arriver là.

Sebastiao Salgado (Exodus)

 

Bien que né de mes recherches pour construire mon arbre, ceci n’est pas un site généalogique. Vous n’y trouverez pas de longue liste de noms, ni dates, mais simplement quelques personnes, qui se trouvent être dans ma famille, et pour lesquelles j’ai une admiration ou une tendresse particulière.

 

Parce qu’ils sont partis, sans armes et avec de petits bagages, ils ont parcouru les routes de l’exil, avec courage, dans des conditions difficiles, et ils ont réussi à reconstruire, parfois deux fois, trois fois, une maison, un coin de terre qui soit à eux.

 

Moi aussi, je suis partie. Dans des conditions idéales, une émigration « de luxe » comparée à ce qu’ils ont vécu, une expatriation professionnelle, sans souci. Et pourtant, cela n’a pas été facile tous les jours. Alors pour eux…

J’ai vécu, aussi, ces détails qui font l’exil, et le mal du pays, ces petites choses insignifiantes auxquelles ont ne pense pas lorsque l’on est chez soi, le goût des tomates, la couleur du ciel au couchant, l’intonation d’une phrase… La formes des arbres, le rythme de la chute des feuilles, les jours qui sont plus courts l’hiver, la lumière qui change…

L’impossibilité d’atteindre un certain degré d’intimité, parce que nous n’avons pas partagé la même enfance, et surtout, cette barrière insidieuse de la langue, ces subtilités infimes qui nous échappent.

 

Ces hommes et ces femmes n’avaient rien d’extraordinaire, ils n’étaient pas des héros, ils n’ont pas laissé de trace dans l’histoire. J’ai même eu beaucoup de mal à les retrouver, et il me manque encore des pans entiers de leur histoire. Les archives familiales tiennent mal dans la valise de l’émigrant, les papiers se perdent, les détails se fondent dans la nostalgie…

Ce site est à leur mémoire, pour que leur courage soit pas complètement oublié.

 

Il est aussi à la mémoire de tous ceux qui suivent les routes de l’exil sans laisser aucune trace, un hommage aux centaines d’êtres humains qui se noient en essayant de traverser le détroit de Gibraltar, à ceux qui sont morts de faim sur les pistes d’Afrique, à tous ceux qui n’ont même pas une tombe et ne sont qu’un chiffre dans les statistiques.

 

Enfin, il est mon modeste soutien à ceux qui aujourd’hui luttent pour un monde plus ouvert et plus fraternel. Et tout particulièrement Sébastiao Salgado, dont le livre « Exodes » est le plus terrible constat qui soit, et un grand cri d’Humanité.